Huit millions d’euros d’investissements : une nouvelle usine pour MG2Mix

MG2Mix inaugure sa nouvelle usine, une ligne de fabrication totalement indépendante, située dans le giron du site de production historique de l’entreprise de Châteaubourg près de Rennes. Un investissement de 8 millions d’euros qui donne à MG2Mix « de la sérénité pour l’avenir ».

La nouvelle usine de production MG2Mix a été inaugurée en présence de Teddy Renier, maire de Châteaubourg : « Sa tour arbore fièrement le nom de la commune portant les couleurs de notre petite commune partout dans le monde. »

Vincent Gerfault, directeur général de MG2Mix, rappelle les deux métiers de l’entreprise : la fabrication de prémélanges « à destination de tous les animaux d’élevage, y compris les animaux de compagnie et les insectes ». Il souligne qu’MG2Mix est la firme-services partenaire de la société Ynsect leader dans le domaine en Europe qui annonce l’implantation à Amiens de la « première et la plus importante unité industrielle d’élevage et transformation d’insectes en protéines », dont l’inauguration est prévue pour 2021. Le second métier de MG2Mix est le conseil et le service en nutrition animale à l’attention des fabricants d’aliment et des filières organisées de production.

Vincent Gerfault souligne que la valeur ajoutée apportée par MG2MIx repose sur un important travail de recherche et d’innovation (R&I). « Ce travail est assuré par la responsable R&I, les ingénieurs nutritionnistes et des doctorants en préparation de thèses. »

La firme-services noue des partenariats avec des élevages qui font office de station de recherche et a créé un réseau d’élevages de référence. « Nous travaillons avec trois fermes en volailles de chair et une ferme en ruminants et deux élevages en porcs. Nous avons la capacité d’y tester différents régimes alimentaires en conditions réelles de production, d’analyser les résultats et d’effectuer les actions correctives tant sur les formules que sur les dosages pour obtenir la solution nutritionnelle la plus pertinente par filière et pour chaque client afin de valider nos concepts nutritionnels. Chaque année, nous réalisons une trentaine d’essais dans ces fermes de recherche et ces unités pilotes. » En outre, MG2Mix a constitué un véritable réseau d’élevages dans le monde afin de valider ses résultats au vu des différentes conditions de production.

La firme-services organise un programme d’accueil d’étudiants-chercheurs, au cours desquels les thématiques telles que le comportement de picage du canard de barbarie, l’alternative au cuivre dans l’alimentation des porcelets, les liens entre nutrition et qualité sanitaire du lait, ont été étudiées, testées et, pour certaines, ont mené à la réalisation de nouveautés produits. En trente ans, 89 étudiants ont été accueillis par l’entreprise.

Innovation et ADN

Vincent Gerfault rappelle que « l’innovation est au cœur de l’ADN et de la stratégie de l’entreprise ». Dernière en date, le développement d’une technique de fluorescence pour analyser les minéraux. « La technologie de l’infrarouge donne, en quelques minutes, le résultat sur les caractéristiques chimiques des matières premières mais l’analyse porte seulement sur la partie organique. Pour les minéraux, on devait attendre jusqu’à une semaine ce qui nécessitait de mettre les matières premières sous quarantaine et nous imposait d’avoir des stocks en quantité supérieure. »

MG2Mix a donc été à la recherche d’une solution d’analyse rapide : « Nous avons sollicité plusieurs sociétés fournisseurs de matériel et, finalement, travaillé avec Bruker qui a accepté de nous prêter une machine FluoX. Nous sommes les premiers à travailler sur cette technologie qui vient d’un autre secteur industriel. Nous avons développé des calibrations pour analyser les principaux minéraux : sodium, potassium, chlore, phosphore et calcium. Les résultats sont disponibles en quelques heures. »

Ainsi sont analysées les intrants de l’usine et potentiellement les matières premières végétales de l’élevage, blé, maïs, etc. « Il y a deux enjeux pour nous, admet Vincent Gerfault. Renforcer nos plans de contrôle, sur nos prémélanges pour valider nos process de production, mais aussi analyser les aliments et gagner en rapidité de diagnostic sur les problématiques de terrain. Cette technique nous permet d’éliminer rapidement un certain nombre de facteurs et d’aller plus efficacement vers les solutions adaptées. »

MG2Mix envisage de proposer également ce service aux fabricants voire faire du transfert de technologie pour mettre en place les outils dans leurs propres usines et leur fournir les calibrations nécessaires. « En France, les laboratoires sont fiables et les fabricants n’ont pas toujours besoin de cette rapidité, tempère Vincent Gerfault. Mais ce n’est pas le cas à l’export. Tous les gros fabricants à l’étranger font de l’analyse chimique par spectrométrie, ce qui implique un long temps de préparation des échantillons, mobilise des ressources humaines et est coûteux en consommables. La technique FluoX est rapide et ne nécessite aucun consommable. Le coût de l’analyse est moins cher, même si l’investissement n’est pas négligeable. »

MG2Mix est encore en développement sur certains oligo-éléments et envisage de disposer de la palette complète des calibrations pour couvrir l’ensemble de ses besoins d’analyses des minéraux en juin prochain.

« Les fabricants auront plusieurs niveaux d’utilisation, imagine Vincent Gerfault. Il pourra y avoir des accès différents, certains réservés aux techniciens pour gérer leur clientèle, d’autres aux éleveurs qui pourront eux-mêmes alimenter le système avec les données de leur élevage. »

Sur cette technologie de la fluorescence, MG2Mix voit d’autres perspectives de développement et lance un projet de recherche pour analyser les substances indésirables comme les métaux lourds. « Il s’agit de détecter des niveaux de contamination très bas, et l’une des difficultés pour construire nos calibrations est de trouver des échantillons contaminés. »

Usine numéro 2

MG2Mix se présente comme un « accélérateur d’activité » et revendique son « goût du défi ». En dix ans, la croissance moyenne annuelle de l’entreprise a été de +10 %, multipliant par trois l’activité en équivalent tonnage. Pour Vincent Gerfault, l’une des clés de cette réussite est la proximité de ses équipes avec la réalité du terrain : « Nos ingénieurs espèces passent 50 % de leur temps sur le terrain, dans les fermes expérimentales, dans les élevages, dans les usines d’aliment. » En France, mais aussi dans les différents pays où MG2Mix est présent. L’entreprise a initié le commerce à l’international il y a dix-sept ans. Elle réalise aujourd’hui des affaires avec 38 pays. « Elle continue son développement principalement sur les zones de l’Europe de l’Est, l’Asie et l’Afrique subsaharienne. L’Algérie est son marché le plus important. »

Davantage de matières premières sont stockées dans des cellules de microdosage de 3 à 6 m3 pour les plus petites et 40 à 60 m3 pour les plus larges.

Olivier Maignan, directeur industriel, se réjouit : « MG2Mix affiche sa bonne santé avec de nombreux projets en France et à l’export, des projets de recrutement pour assurer son développement et notre nouvelle tour de production qui nous permettra de doubler notre capacité de production à 60 000 tonnes de prémix. »

Il décrit le chantier qui vient de donner naissance à cette nouvelle tour de fabrication : « En 2018, nous avions réalisé une extension de stockage pour anticiper la construction de la nouvelle tour. »

Les travaux entrepris à la suite aboutissent aujourd’hui à l’inauguration de la nouvelle ligne de production, véritable usine « bis ». « Ces deux usines nous permettent de doubler a minima notre capacité de production. Conçue comme deux circuits totalement indépendants, y compris du point de vue de la fourniture en électricité, cette usine permet de sécuriser les fabrications en organisant des lignes dédiées, notamment pour les marchés les plus exigeants, comme le bio et le petfood. Nous gérions déjà ces cahiers des charges exigeants avec des procédures maîtrisées mais sur lesquels nos clients veulent encore plus de sécurité. La nouvelle organisation offre en outre un niveau supérieur de sécurité en proposant deux lignes indépendantes dont l’une peut toujours fonctionner si l’autre rencontre un problème de fonctionnement. »

Il détaille l’investissement de huit millions d’euros : trois millions pour le bâtiment, trois pour le process matériel, un pour l’informatisation et un pour les matériels annexes, notamment l’amélioration des conditions de travail.

« Le process adopté est le même que dans l’autre usine, explique Olivier Maignan. Notre objectif est d’assurer les bons mélanges avec un bon dosage sans transfert interlots. Nous avons conçu le circuit de la nouvelle usine en tenant compte de notre expérience de la première en visant davantage de simplicité dans les process pour éliminer les risques. » C’est la raison pour laquelle la nouvelle tour surplombe de dix-huit mètres sa voisine : « Cela nous permet de privilégier le transfert gravitaire au lieu d’un transfert horizontal et d’améliorer notre gestion du risque de transfert interlots. »

L’usine dispose désormais de trois bennes peseuses automatiques contre une actuellement : « Cela va améliorer notre productivité mais aussi réduire les manipulations de sacs pour les opérateurs, améliorant ainsi leurs conditions de travail. Sur ce même thème, nous avons fait le choix d’un robot palettiseur en plus du palettiseur classique qui équipe la première ligne. Les robots sont des outils très fiables qui viennent de l’industrie automobile nécessitant moins de maintenance. » MG2Mix a également optimisé et amélioré le système d’aspiration des poussières et doit dans quelques semaines mettre en place un système d’aspiration des sacs vides : « Ainsi, les opérateurs n’auront pas besoin de les reprendre pour les mettre en benne ce qui limitera d’autant leur exposition aux poussières. Le sac sera déchiqueté et dépoussiéré. Il deviendra un déchet propre qui servira de combustible et sera ainsi valorisé. D’autant que le recours au sac est largement réduit grâce à l’augmentation des capacités de dosage automatique. »

Vincent Gerfault conclut : « L’innovation ne se limite pas à la nutrition et la technologie. Nous voulons aussi insuffler un management innovant et favorable au bien-vivre ensemble afin de créer les bonnes conditions de travail et continuer à conserver nos salariés. Car nous sommes heureux de n’avoir pas beaucoup de turn-over dans nos équipes. Notre force c’est leur matière grise, leur capacité de travail, leur motivation et leur dynamisme. À nous de leur donner les conditions de les exprimer. » C’est ainsi que MG2Mix a lancé un projet participatif et collaboratif qui va aboutir, selon le souhait des salariés, à l’installation d’une salle de sport et de repos et un projet de valorisation des œufs des fermes de recherche et valorisation des déchets.

F. Foucher

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