Grand Sud Est : Nutri-Acces, porte-voix de l’alimentation animale

Deux ans après sa création, la nouvelle association multi-régionale prend ses marques et entend communiquer sur sa stratégie.

Issue de la fusion entre les deux unions régionales des fabricants d’aliments de Bourgogne Franche-Comté, Rhône-Alpes, Provence Alpes Côtes d’Azur (Urase) et Auvergne (Urfacal), l’association Nutri-Acces entamera sa troisième année d’existence lors du prochain Sommet de l’Elevage.

Les statuts de la nouvelle association, dénommée précisément Nutri-Acces Aliments composés Centre Est et Sud, précisent son objet qui vise notamment « l’étude de toute question d’ordre professionnel, économique, social et technique se rapportant au secteur de la nutrition animale » ainsi que la réalisation de toute action ou création de services pouvant développer ce secteur.

Une grande diversité de savoir-faire

Forte d’une petite quarantaine de membres, entreprises privées ou coopératives, Nutri-Acces représente 2,6 millions de tonnes d’aliment du bétail, soit 15 % du marché national. Couvrant un très vaste territoire du Grand Sud Est et du Centre de la France, la nouvelle association présente de nombreuses singularités ou spécificités, comme nous le souligne Émile Nicot, à la fois président de la nouvelle association et président de Philicot à Chagny (Saône-et-Loire) : des membres de taille très différente (beaucoup sont entre 15 000 et 50 000 tonnes, quelques-uns au-dessus de 100 000 tonnes d’aliment produit par an), une densité d’élevage inférieure à celle d’autres régions françaises, une diversité d’espèces avec une prédominance des bovins, de nombreux cahiers des charges venant valoriser les productions d’élevage régionales. « Tous ces fabricants d’aliment sont très complémentaires et représentent une grande richesse, et il était logique que nous nous regroupions », note Émile Nicot qui, en tant que président, se définit comme « un animateur respectant la liberté d’entreprise de chacun, mais essayant de porter d’une seule voix les problématiques régionales ». « Nous avons un savoir-faire historique dans de nombreux thèmes techniques fédérateurs comme les cahiers des charges des productions AOC, le développement durable ou le non OGM, et l’intérêt de Nutri-Acces est de booster la communication à tous les niveaux : entre les professionnels des régions, vis-à-vis des administrations régionales en leur parlant d’une seule voix, ou entre les régions et le national. » Émile Nicot souligne qu’il est important de laisser le national gérer les dossiers d’actualité de la profession, Nutri-Acces contribuant à ce que ses adhérents « parlent le même langage que le national ».

Émile Nicot devant l’usine Philicot de Chagny (Saône-et-Loire) : « Faire en sorte que les adhérents parlent tous le même langage. »

« Mon rôle est de faire en sorte que les membres de Nutri-Acces puissent avoir connaissance des enjeux des dossiers nationaux », souligne Émile Nicot qui estime que la nouvelle association constituerait un outil pertinent en cas de crise sanitaire aigüe. Cet aller-retour du régional au national est par ailleurs une réalité lors des trois réunions régionales organisées tous les ans par Nutri-Acces, au cours desquelles interviennent des représentants du Snia ou de Coop de France sur des thèmes techniques fédérateurs comme la demande croissante en non OGM, Duralim, la biosécurité ou le plan protéines.

+3,3 % d’aliment

Contrairement aux fabrications nationales, le marché régional couvert par Nutri-Acces affiche une belle croissance, comme le montrent les statistiques présentées lors de la dernière réunion régionale du 5 juillet 2019 (voir tableau). De juillet 2018 à mai 2019, la production d’aliments composés a augmenté de +3,3 % sur la zone Nutri-Acces par rapport à la même période de l’année précédente, contre une production nationale quasiment stable (+0,1 %). Cette croissance des tonnages fabriquée s’accélère sur les cinq premiers mois de 2019 (+4 % contre +0,1 % pour le national), l’accélération étant la plus marquée pour les aliments bovins (+9,8 %). Les adhérents de Nutri-Acces ont également augmenté les productions d’aliment porc, de janvier à mai 2019 (+1,9 % contre +0,2 % au niveau national), avec une diminution de l’aliment volailles de -2,1 % (contre -2,2 % au niveau national).

Communiquer

Au moment du Sommet de l’Élevage, l’une des principales questions d’actualité des adhérents de Nutri-Acces sera la sècheresse de 2019 et son impact sur les éleveurs. « La région Auvergne a été plus touchée par la sècheresse que d’autres », remarque Émile Nicot qui souligne que l’une des conséquences de cette sècheresse est une augmentation de +5 à +8 % des volumes d’aliment bovins.

« Si les éleveurs bovins lait bénéficient d’une bonne conjoncture, la situation est plus difficile pour les éleveurs viande », note le président de Nutri-Acces dont la priorité en 2019 est de communiquer pour défendre le métier de la nutrition animale. « Nous devons expliquer la nutrition régionale et insister sur le fait que l’élevage est déjà local », insiste Émile Nicot. « La fusion des deux unions régionales nous a occupés depuis deux ans et nous avons le projet de réaliser une plaquette en 2019 pour que nous soyons plus connus, aussi bien du consommateur que des administrations régionales », conclut le président de Nutri-Acces.

Philippe Caldier

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