Graines protéagineuses : le toastage au service d’une filière

Le négoce agricole Centre-Atlantique et l’entreprise Pasquier VGT’AL ont organisé, mi-avril, à Secondigny, dans les Deux-Sèvres, une conférence sur les graines toastées, « pratique innovante pour une alimentation locale et de qualité au service de la filière élevage ».


Le négoce agricole Centre-Atlantique (Naca) regroupe 120 négociants agricoles et grossistes sur 19 départements, dans les régions Nouvelle Aquitaine, Centre-Val de Loire et Pays de la Loire, pour 4 millions de tonnes de collecte par an. En 2017, le négoce a lancé un programme de communication à destination du grand public, baptisé Vert l’Avenir, dans le but de « valoriser les pratiques de l’agriculture durable mises en place par les négociants agricoles et les agriculteurs ». Ce programme, « qui doit permettre de mettre en lumière les savoir-faire », s’appuie sur quatre piliers : « L’expertise, le conseil, la proximité et l’adaptation », indique Nicolas Pugeaux, chargé de mission. Dans le cadre de cette démarche de communication collective, le Naca a organisé, le 18 avril au siège de l’entreprise Pasquier VGT’AL, à Secondigny, une conférence de presse sur le thème : « Graines toastées : une pratique innovante pour une alimentation locale et de qualité au service de la filière élevage. »

Il y a deux ans, l’entreprise Pasquier VGT’AL a investi près de 200 000 euros pour l’achat d’un toaster. Crédit : Pasquier VGT’AL

Ce rendez-vous a permis de mettre en avant Pasquier VGT’AL, négoce agricole spécialisé en nutrition animale. Ce dernier compte 2 000 clients agriculteurs situés dans les Deux-Sèvres, en Vendée, Charente et Maine-et-Loire. « Nos activités reposent sur du conseil en productions végétales et nutrition animale, de la vente d’agrofournitures pour les productions végétales (semences, engrais, produits de protection des plantes), la fabrication et la vente d’aliments pour animaux d’élevage (40 000 t d’aliments par an, ce qui représente 70 % de notre chiffre d’affaires) et le négoce de céréales », liste Christophe Pasquier, le directeur.

Valoriser les cultures locales

Il y a deux ans, l’entreprise s’est dotée d’un toaster. Un investissement de près de 200 000 euros. « Pour remplacer les tourteaux de soja OGM originaires d’Amérique du Sud utilisés dans l’alimentation des animaux d’élevage, nous avons cherché à accompagner une production plus locale de protéines. Cependant, les graines de protéagineux comme le lupin ou la fèverole sont mal digérées en l’état par les animaux. Elles doivent être cuites dans un toaster, selon un protocole précis. »Les graines sont montées à 285 °C durant trois minutes. « Une fois toastées, elles sont particulièrement riches et digestibles pour l’animal », explique Christophe Pasquier, listant les avantages reconnus du toastage : « Valorisation nutritionnelle, augmentation de la digestibilité, meilleure traçabilité des produits, amélioration de la performance animale et autonomie en protéines. »

Environ 3 000 t de graines sont toastées chaque année à Secondigny. « La production peut monter jusqu’à 5 000 t. Nous faisons du toastage en prestation pour des agriculteurs, afin qu’ils récupèrent leurs graines, seules ou mélangées à d’autres ingrédients. Nous réalisons aussi le toastage pour nos propres aliments, vendus ensuite à nos clients. » D’amont en aval, « cette acquisition a été positive », se félicite Christophe Pasquier. En amont, les graines toastées ouvrent ainsi des opportunités : « L’introduction de lupin et de soja dans les rotations permet de diversifier les cultures et de réduire les apports d’intrants, grâce à une meilleure maîtrise des maladies, des ravageurs et des mauvaises herbes. » Le toastage sécurise aussi un débouché pour ces cultures. En aval, il permet d’améliorer la compétitivité des élevages et des cultures, d’optimiser les résultats économiques, de réduire la dépendance aux importations et de fournir aux animaux « une alimentation de qualité, 100 % française et sans OGM ».

Ermeline Mouraud

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