GIE Qualimat Sud Est : l’année 2018 un bon crû

L’assemblée générale annuelle du GIE Qualimat Sud Est qui s’est tenue le 28 juin à Belleville-sur-Saône (Rhône) a fait le point sur les activités de 2018, la deuxième meilleure année en treize ans.

Créé en 1988, le groupement d’intérêt économique (GIE) Qualimat Sud-Est regroupe, depuis l’origine, les acteurs des filières d’alimentation animale du Grand Sud-Est, avec deux objectifs : assurer la régularité de l’approvisionnement en tourteaux de soja standard et tracé et en tourteaux de tournesol Hipro débarqués sur le port de Sète, et contrôler la qualité des produits importés.

Les participants à l’assemblée générale de Qualimat Sud Est 2019.

Vingt-trois bateaux ont été réceptionnés à Sète en 2018, contre 26 en 2017, pour un total de 288 191 tonnes de marchandise, soit une baisse de -2,37 % par rapport à l’année précédente. « Au 31 décembre 2018, Qualimat Sud Est a dépassé le cap des sept millions de tonnes débarquées depuis le début des opérations (1988), le M/V « Adasun » étant le 397e navire », précise Vincent Bergeret, secrétaire du GIE. Vingt-cinq adhérents sont intervenus en 2018, contre 24 en 2016 avec l’adhésion de RAGT.

Soja tracé en tête

Si les quantités débarquées en 2018 restent relativement stables par rapport à 2017, cette stabilité masque des différences au sein des trois principales matières premières :stabilité du soja Standard (159 497 t débarquées au cours de cette année soit une hausse de +1,09 %), forte hausse du soja Premium (48 160 t débarquées au cours de cette année soit une hausse de +18,92 %), et baisse du tournesol Hipro (80 535 t débarquées au cours de cette année soit une diminution de -16,51 %).

Les intentions d’achat ont été de 222 220 t (18 518 t en moyenne par mois) soit globalement 21,75 % de plus que l’année précédente. Avec 111 235 t de soja standard, 34 206 t de tourteaux de soja tracé et 76 779 t de tournesol Hipro. Par contre, le total des quantités achetées par les adhérents et les trente-cinq membres associés enregistre une baisse de -5,59 % par rapport à l’année précédente (soit 276 195 t se répartissant en 150 664 t de soja standard, 44 278 t de soja tracé et 81 253 t de tournesol Hipro). « Cette différence entre les intentions d’achat et les prises d’ordre est liée à une volatilité croissante des prix des matières premières », note Vincent Bergeret.

Chalon : près de 39 000 tonnes remontées

Le rapport de l’assemblée générale vient préciser l’apport de l’élargissement de l’hinterland de Sète par la desserte de Chalon. Cette dernière représente en effet un élargissement de l’hinterland de Sète par les tonnages supplémentaires qu’elle apporte. « Nous avons réalisé, en 2018, la deuxième meilleure année en volume depuis que Chalon existe avec 38 901 t remontées en péniche », précise Vincent Bergeret qui ajoute à nouveau qu’on observe une belle progression en soja tracé (9 163 t de prise d’ordre en 2018, contre 7 740 t en 2017 et 3 239 t en 2016).

Au niveau du fonctionnement du GIE, la production pour l’année 2018 a été en très légère hausse tout au long de l’année, dans un contexte de stabilité des fabrications françaises d’aliment du bétail en 2018 (+0,3 % par rapport à 2017). En effet sur la région Auvergne Limousin, on constate au global une hausse de +0,80 %, pour la région Bourgogne/Franche-Comté une hausse de +1,30 %, pour la région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon une hausse de +6,90 %, et enfin une hausse de +1,10 % sur la région Rhône-Alpes Provence Alpes Côte-d’azur.

Le groupement a légèrement manqué de soja tracé en 2018 et les approvisionnements ont été perturbés par une arrivée de navire retardée sur la fin de l’année sur Sète et légèrement perturbée par manque de péniche sur Chalon. « On est toujours un peu déçu malgré une très bonne année car on sait qu’on est capable de mieux faire », confie Vincent Bergeret qui souligne deux difficultés dans le fonctionnement du GIE : des difficultés importantes de disponibilité de péniches sur une bonne partie de l’année pour l’approvisionnement du port de Chalon et la concurrence des ports du Rhin à certaines périodes de l’année (Chalon devenant plus attractif en période de basses eaux du Rhin).

Contrôle qualité

Le contrôle qualité est une activité importante du GIE et l’année 2018 s’est traduite par une stabilité du nombre d’analyses sur l’ensemble des navires arrivés sur Sète et sur l’absence de problème majeur concernant la qualité. Les résultats d’analyses ont fait l’objet d’une diffusion par bulletins d’information à l’ensemble des adhérents du GIE. Le GIE Qualimat Sud Est a continué en 2018 sa collaboration avec Qualimac de Barcelone, avec des échanges réguliers des résultats d’analyse des marchandises arrivant sur les ports de Sète, Barcelone et Tarragone. « Six adhérents du Sud Ouest sont particulièrement intéressés par ces échanges avec Qualimac », note Vincent Bergeret.

Intentions d’achat 2019

Les intentions d’achat pour les six de février affichent une belle progression par rapport à la même période que 2018, avec un boom de plus de +40 % sur le soja tracé et une légère baisse sur le soja standard et le tournesol Hipro (voir tableau). « Pour autant, nous constatons que les adhérents ont été prudents comme l’année précédente dans la déclaration des intentions d’achats sur cette période », affirme Vincent Bergeret.

En effet, ce qui a été réalisé sur les trois premiers mois de l’année note un dépassement des prises d’ordres de +11 % en soja Standard (contre +9 % en 2018), +8 % en soja tracé (contre +35 % en 2018), et +25 % en tournesol Hipro (contre +32 % en 2018).

Le début de l’année 2019 a été marqué par de nombreux imprévus au niveau des approvisionnements. Un navire chargé en soja standard aux États-Unis (le premier approvisionnement du GIE là-bas) s’est échoué dans le Mississippi.

En soja tracé, le navire arrivé début décembre qui devait assurer un approvisionnement du groupement jusqu’à début février a été bloqué début janvier pour une alerte salmonelle. La conséquence de cette alerte a provoqué des applications sur d’autres ports pour les adhérents de Sète et de Chalon pour environ 6 000 TM.

Un problème d’approvisionnement a également eu lieu à cheval sur janvier et février avec un retard sur l’arrivée d’un navire en tournesol Hipro. Ce retard a provoqué des ruptures sur Chalon et Sète avec pour conséquence des applications sur d’autres ports pour environ 4 400 TM sur les deux mois.

« Ces aléas rencontrés sont autant de stimulants pour trouver des solutions contribuant à la réussite du groupement, et il est important que les fabricants restent mobilisés pour tenir les volumes d’activité », conclut le président François-Christian Cholat qui rappelle que la zone de chalandise de Qualimat Sud Est correspond à 18 % de la production nationale d’alimentation animale.

Les trois importateurs Bunge, Dreyfus et Solteam, au-delà de l’intérêt économique, restent attentifs pour servir le GIE dans les meilleures conditions, ce qui contribue également au bon fonctionnement de notre groupement.

Philippe Caldier

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