Eurofins : l’activité nutrition animale se structure

Le réseau de laboratoires indépendants Eurofins, l’un des leaders mondiaux des bioanalyses, a mis en place, depuis le 1er janvier, une activité dédiée à la nutrition animale ainsi qu’un pôle destiné à l’analyse des fourrages.

Aujourd’hui, Eurofins compte 400 laboratoires partenaires et 30 000 collaborateurs dans 41 pays, pour un chiffre d’affaires d’environ 3 Md€.

Aujourd’hui, Eurofins compte 400 laboratoires partenaires et 30 000 collaborateurs dans 41 pays, pour un chiffre d’affaires d’environ 3 Md€. Crédit : Eurofins

Il y a 30 ans, Gilles Martin lançait, à Nantes, une petite start-up baptisée Eurofins. Sa mission : exploiter la technologie SNIF (Site-specific natural isotope fractionation), une méthode d’analyse permettant de vérifier l’authenticité des vins et jus, développée par ses parents chercheurs universitaires. L’entreprise compte alors trois employés. Très vite, Gilles Martin se penche sur la recherche d’autres fraudes alimentaires et sur le développement à l’international de son entreprise. Aujourd’hui, Eurofins compte 400 laboratoires partenaires et 30 000 collaborateurs dans 41 pays, pour un chiffre d’affaires d’environ 3 Md€. « Il s’agit, plutôt que d’un groupe, d’un réseau de laboratoires indépendants », explique Henri de Valicourt, directeur des analyses chimie et biologie moléculaire au sein de la division alimentaire France. « Des laboratoires autonomes, adaptés aux besoins locaux, qui partagent des valeurs communes : satisfaction clients, robustesse des processus, fiabilité et qualité des analyses, intégrité et confidentialité. Avec la force d’un réseau mondial. »

Eurofins dispose maintenant d’une gamme complète de méthodes analytiques dédiées à l’agroalimentaire, l’environnement, la biopharmacie et le diagnostic clinique. Les échantillons sont réceptionnés à Nantes, puis ils sont redirigés vers le laboratoire le plus à même de les traiter, sur le territoire national ou européen. « Les laboratoires sont organisés par centres de compétence. Pour les vitamines par exemple, il y a un centre de compétence feed au Danemark. Cette dimension mondiale est synonyme d’efficacité opérationnelle. » Chaque laboratoire peut traiter plusieurs milliers d’échantillons par jour. « Un système informatique entièrement conçu en interne trace tous les échantillons et permet à l’ensemble des laboratoires Eurofins, au niveau mondial, d’assurer une transmission très rapide et sécurisée des flux d’échantillons et de résultatsEurofins est idéalement positionné pour satisfaire les exigences de qualité, de traçabilité et de sécurité toujours croissantes de ses clients et des organismes de réglementation à travers le monde. »

Détection des OGM

En France, Eurofins compte une cinquantaine de laboratoires, dont une quinzaine spécialisés en agroalimentaire, notamment en alimentation animale. Une activité qui a été restructurée au début de l’année. « Un laboratoire doit être intégré dans son environnement économique, d’où la volonté de dédier des ressources et des compétences spécifiques à l’activité nutrition animale, indique Marie Jaillais, responsable de l’activité. Eurofins devient ainsi le premier réseau européen d’analyses feed et fourrages. » Objectif : « Mettre à disposition toute l’offre Eurofins pour aider les acteurs du secteur à optimiser la qualité des aliments, des fourrages (foins, herbes et ensilages, herbes et maïs) et des matières premières. Le but est d’accompagner les acteurs dans leur création de valeur et leur donner les moyens de se différencier grâce à des outils les plus à la pointe. »

Eurofins propose un catalogue complet d’analyses pour toutes les matières premières jusqu’aux produits finis : composition (matière sèche, cendres, MAT protéines, amidon, cellulose, NDF, ADF, ADL, sucres solubles totaux, phosphore, sodium, etc.), valeurs nutritives (UFL, UFV, PDIE, PDIN, PDIA), vitamines (B1 à B12, A, E, D, K3) et bilan alimentaire cation anion (Baca), « le critère d’analyse le plus souvent retenu pour l’alimentation des ruminants. Il prend en compte quatre minéraux (Na, K, Cl, S). Parmi eux, le soufre est un élément indispensable à la synthèse des protéines qui doit être parfaitement bien dosé car son excès entraîne chez l’animal de graves conséquences. » Eurofins réalise également des analyses de contaminants, résidus de pesticides, métaux lourds, molécules médicamenteuses (anticoccidiens, antibiotiques), dioxine et PC, microbiologie (détection, stéréotypage et caractérisation des Salmonella, numération des entérobactéries, Clostridium perfringens et moisissures, maîtrise du risque mycotoxines), composés néoformés, mélanine et acide laurique, ou encore la détection des OGM.

Eurofins propose un catalogue complet d’analyses pour toutes les matières premières jusqu’aux produits finis : composition, valeurs nutritives, vitamines (B1 à B12, A, E, D, K3) et bilan alimentaire cation anion (Baca).

Eurofins propose un catalogue complet d’analyses pour toutes les matières premières jusqu’aux produits finis : composition, valeurs nutritives, vitamines (B1 à B12, A, E, D, K3) et bilan alimentaire cation anion (Baca). Crédit : Eurofins

Le laboratoire nantais a développé sa propre méthode de détection d’événements transgéniques « maïs, soja, coton et colza », basée sur l’identification et la quantification directe et sur la technologie PCR (réaction en chaîne par polymérase). Une approche novatrice permettant de multiplexer, identifier et quantifier jusqu’à 52 événements, « autorisés et pas encore autorisés », souligne Henri De Valicourt. « C’est une réelle valeur ajoutée pour se conformer à la réglementation actuelle et se préparer aux réglementations futures, dans une démarche d’amélioration continue. » Cette offre permet aussi de réduire le nombre de tests, le délai et le coût analytique. « Une couverture maximum à un prix minimum, avec une fiabilité maximum du 1er coup », résume le directeur des analyses chimie. Les résultats de ces analyses peuvent être disponibles au maximum sous cinq jours. Cette méthode s’adresse aussi bien à l’amont qu’à l’aval, à l’ensemble des acteurs de la nutrition animale comme à la grande distribution. « Nous sommes à notre connaissance les premiers à proposer une telle démarche analytique avec une si large couverture d’événement OGM basée sur la technologie de multiplexage et en étant accrédités Cofrac pour une grande partie des tests utilisés. »

Eurofins souhaite également apporter de la valeur ajoutée grâce à des services complémentaires, « un accompagnement client ». Le laboratoire propose ainsi des audits, au regard des interdictions dans les productions bio ou https://www.eurofins.fr/formation-et-conseil/concernant les problématiques de contrôle qualité « dans les usines et sur les sites des fournisseurs ». Eurofins organise également des formations sur les questions liées au contrôle qualité, l’hygiène et l’HACCP ou encore des formations au prélèvement d’échantillons. « Nous disposons de tout un réseau de consultants, d’experts, qui accompagnent les performances, apportent des garanties de qualité spécifiques et assurent au quotidien le suivi personnalisé des échantillons. » Via une plateforme en ligne, les clients ont un accès direct aux résultats et la possibilité de les télécharger. De même, Eurofins propose un outil de veille en sécurité alimentaire (ww.vigial.com), « commercialisé depuis de nombreuses années ».

Composition et valorisation des fourrages

Autre nouveauté marquante pour le laboratoire : la mise en place de l’activité fourrages, concomitante à l’activité feed. « Il s’agit d’optimiser le poste alimentation de l’éleveur, du semis au rumen de la vache, note Christian-Guillaume Marchal, responsable de l’activité agronomie. La valeur alimentaire des fourrages est souvent considérée comme constante, à tort. Elle impacte fortement la production de lait. Nous avons décidé d’apporter des solutions, des moyens techniques et humains tant sur le terrain qu’en laboratoire, pour comprendre leur potentiel et en optimiser l’usage. Les résultats sont utiles pour la confection de la ration bien sûr, mais ils donnent aussi des informations clés sur la qualité du stockage ou du chantier d’ensilage. » Eurofins propose ainsi de déterminer la composition nutritionnelle des fourrages par spectroscopie proche infrarouge, grâce à « une méthode unique de calibration locale. Une solution de caractérisation rapide (deux jours) et de haute précision, sans risque d’erreur humaine, sans produit chimique et à faible coût opérationnel. »

Avec des paramètres inédits en proche infrarouge : profil fermentaire (pH, acides acétique, lactique et butyrique), NDF digestible et amidon by-pass, solubilité des protéines et vitesse de dégradation et, bientôt, les oligo-éléments. Les résultats sont comparés avec une base de données préexistante, construite autour de trois groupements de données, principaux fourrages, matières premières et rations totales mélangées, qui comprennent entre 1 000 et 20 000 entrées, provenant de plusieurs années de récolte et de toutes origines géographiques. « L’une des bases de données les plus complètes du monde. »

Ermeline Mouraud

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