Déchets d’emballage : la profession met en place une filière de collecte et recyclage

Chaque année, 20,9 millions de tonnes d’aliments pour animaux et autres compléments alimentaires sont livrés en élevages. S’ils ne sont pas livrés en vrac, ils arrivent dans des sacs, flacons, bidons, seaux et autres contenants… Les trois syndicats de la nutrition animale, l’Afca-Cial, le Snia et La Coopération Agricole Nutrition animale, en partenariat avec la structure Adivalor, s’engagent dans la mise en place d’une filière de collecte et de recyclage de ces déchets d’emballage.

« Les agriculteurs sont déjà habitués à trier de nombreux emballages, cite l’Afca-Cial : bidons de produits phytopharmaceutiques ou d’hygiène, big-bags de fertilisants, sacs en papier de semences, cagettes, films et autres filets dont ils ont l’usage dans les cultures, etc. » Les circuits de collecte et de recyclage ont tous été mis en place et sont gérés par la structure Adivalor. C’est donc naturellement vers celle-ci que se sont tournés les trois syndicats de la nutrition animale (Afca-Cial, le Snia et La Coopération Agricole Nutrition animale) quand ils ont commencé à réfléchir sur ce sujet.

En 2023, les agriculteurs se verront proposer un service de collecte et recyclage des emballages de leurs produits de nutrition animale

Les syndicats reviennent sur l’origine de ce projet qui rencontre les attentes des éleveurs et répond aux obligations faites à la filière. « Désormais habitués à trier et bénéficiant de solutions de collecte pérennes et à coût maîtrisé pour beaucoup de leurs déchets, il était logique d’étendre ce service aux emballages des produits de nutrition animale, expliquent-ils. Or il n’existe pas encore de filière. » La profession, elle, doit faire face à ses obligations concernant les emballages professionnels : « La règlementation européenne, par sa directive 94/62/CE et sa transposition française dans la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire imposent la mise en place de filières à responsabilité élargie des producteurs (REP) pour tous les emballages d’ici le 1er janvier 2025. »

Pour mener à bien ce projet, les professionnels de la nutrition animale ont constitué avec les parties prenantes un comité de pilotage. Son rôle est d’instruire et coordonner ce projet. « Les parties prenantes ce sont tous les acteurs concernés par ce projet, détaillent les syndicats investis : les fabricants d’aliment eux-mêmes, les distributeurs, mais aussi les filières animales, les filières de l’agrofourniture et les opérateurs de collecte. » Les porteurs du projet sont appuyés dans leur démarche par un consultant, expert dans le domaine de la nutrition animale.

La première étape du projet a été lancée en octobre 2020 : il s’agit de réaliser une étude de faisabilité. « Nous devons d’abord caractériser le gisement : de quels types d’emballages s’agit-il, en quelles quantités, selon quelle répartition géographique, etc. » Pour cela une enquête est menée auprès des professionnels du secteur. Cette étude de faisabilité a aussi pour objectifs de définir les modalités d’organisation de la collecte, dessiner l’organisation économique et fixer un barème d’éco-contribution. « Cette étape devrait s’achever en juin 2021 et aboutir à la signature d’une déclaration d’intention en septembre 2021 », annoncent les syndicats.

Après un temps de contractualisation avec les différents metteurs en marché, la profession mise sur le démarrage des collectes au printemps 2023.

F. Foucher

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