Compléments, additifs et ingrédients fonctionnels: l’Afca-Cial poursuit son plan d’action

La durabilité, la sécurité sanitaire et la nutrition-santé constituent les trois piliers de l’action de l’Afca-Cial qui entend jouer un rôle moteur pour les métiers qu’elle représente, tant au niveau français qu’européen.

Une équipe élargie qui passe d’une à quatre personnes, un plan d’action structuré autour de trois axes majeurs et une communication renforcée. Ainsi pourrait être résumée la philosophie de travail qui anime l’Afca-Cial (Association des fabricants de compléments et fournisseurs d’additifs et ingrédients fonctionnels pour l’alimentation animale) depuis 2018 et qui a été présentée de façon détaillée lors de l’assemblée générale du 28 juin à Dijon. « L’Afca-Cial fédère, au plan français, la quasi-totalité des acteurs des métiers de la nutrition animale qu’elle représente : additifs, prémélanges, aliments minéraux, aliments complémentaires et diététiques, aliments liquides », affirme le président de l’association Michel Layus dans l’éditorial du rapport d’activité 2018. Les entreprises adhérentes de l’Afca-Cial vont de la startup unipersonnelle à des groupes agroalimentaires ou chimiques globaux, et si la France demeure leur marché de référence, l’internationalisation de l’activité des adhérents de l’Afca-Cial est un fait majeur.

Un échantillon de produits des métiers de l’Afca-Cial.

Production en baisse

Les statistiques 2018 de la production française mettent en lumière « une année un peu particulière » selon les termes de Michel Layus, avec un repli de production pour les principaux groupes de produits, notamment du fait de la grippe aviaire.

La production française de prémélanges en 2018 s’élève à 150 355 tonnes, en baisse de -6,6 % par rapport à 2017 (160 972 tonnes). Cette baisse concerne avant tout les volailles (-7,32 %).

La production d’aliments composés reconstitués correspondante de 31,1 millions de tonnes, est quant à elle, en diminution de -3,6 % par rapport à 2017. La répartition par espèce de la production de prémélanges montre une dominance des volailles (47 %), suivie des porcins (20 %) et des bovins (19 %).

La production française d’aliments minéraux dits standard (hors blocs à lécher) en 2018 représente un volume global de 321 385 tonnes, soit une diminution de -5,88 % par rapport à 2017 (341 450 tonnes). Les minéraux bovins (notamment laitiers) et porcs représentent le gros des volumes avec respectivement 81 % et 14 % des fabrications. Les tonnages diminuent principalement pour les autres espèces (-13,5 %), affichant également une baisse de -6,4 % pour les ovins et les caprins et de -6,5 % pour les bovins. La production pour les volailles a, elle aussi, diminuée (-2,7 %).

La production française de blocs minéraux à lécher en 2018 représente un volume global de 48 817 tonnes, soit en baisse (-4,14 %) par rapport à 2017 (50 923 tonnes). Cette baisse concerne les ovins et les caprins (-7,7 %) alors que les tonnages de blocs minéraux des autres espèces sont en hausse (+12,5 %).

Quant aux aliments liquides, la production française en 2018 s’élève à un volume global d’environ 96 379 tonnes, soit une baisse de -3,86 % par rapport à 2017 (100 251 tonnes).

Durabilité

L’un des trois piliers de l’action de l’Afca-Cial est la durabilité et ce thème a fait l’objet d’une table ronde lors de l’assemblée générale. « Nos différents métiers doivent travailler ensemble pour diminuer l’empreinte environnementale », affirme Michel Layus qui rappelle que le savoir-faire du secteur des additifs et les compétences des entreprises en matière de formulation peuvent apporter des solutions innovantes en matière de durabilité pour répondre à certaines attentes des filières.

Concernant les matières premières minérales, ressources indispensables à l’alimentation des animaux, il existe de forts enjeux en matière de durabilité s’agissant de ressources épuisables dites limitées. Les producteurs de matières premières minérales conduisent beaucoup de recherches, pour diminuer la pression existant sur ces ressources, en travaillant par exemple sur la composition (propriété chimique, interactions avec les autres intrants, digestibilité, rejets, etc.), sur le recyclage (réduction des pertes et gaspillages), sur les procédés (consommation d’énergie). Avec une réelle volonté de transmettre ces informations à l’aval, au niveau des fabricants d’aliments et des éleveurs pour optimiser l’utilisation de ces produits.

« Duralim, la plateforme collaborative française pour l’alimentation durable des animaux d’élevage, est un outil remarquable pour la durabilité des filières », ajoute Michel Layus. C’est un engagement fort des entreprises, depuis les fournisseurs de matières premières et d’additifs, en passant par les fabricants d’aliments composés, jusqu’à la filière aval, pour améliorer la durabilité de l’élevage via l’alimentation animale. L’Afca-Cial incite ses adhérents à se mobiliser dans cette démarche.

Plantes et extraits de plantes

La nutrition-santé est un autre axe majeur de l’action de l’Afca-Cial et le secteur des plantes et extraits de plantes en est le bras armé. « Le rôle de la nutrition animale dans la lutte contre l’antibiorésistance est désormais reconnu sur le plan européen », précise le rapport d’activité de l’Afca-Cial qui ajoute : « Ce rôle s’inscrit pleinement dans la réponse aux enjeux actuels : santé et bien-être des animaux, impacts environnementaux, optimisation des ressources, etc. Toutefois, pour communiquer aux éleveurs sur des stratégies alternatives innovantes, une plus grande flexibilité règlementaire est nécessaire. »

« Les produits à base de plantes souffrent d’un statut règlementaire confus et sont à la croisée de deux règlementations : alimentation animale et médicaments vétérinaires », note le rapport d’activité de l’Afca-Cial. La frontière entre les deux réside dans la présentation et les allégations. Les allégations relatives à la prévention, au traitement et à la guérison des maladies sont réservées aux médicaments. Parfois, cette frontière est fine et difficile à appréhender.

Concrètement, les actions de l’Afca-Cial en la matière sont multiples. Outre l’organisation en octobre dernier d’une journée technique dédiée à la thématique des plantes et extraits de plantes en alimentation animale, l’Afca-Cial a pour objectif de maintenir les autorisations de mise sur le marché d’un maximum d’actifs disponibles, et de définir des limites plus claires entre matière première et additif. Les plantes et extraits de plantes vont continuer à être un sujet d’actualité en 2019. « Nous devons soutenir le métier d’herboriste et la culture des plantes et travailler de concert avec l’alimentation humaine qui dispose d’une commission sénatoriale sur le sujet », estime Michel Layus.

D’autre part, l’Afca-Cial travaille de concert avec l’administration pour se donner un cadre clair en matière d’allégations santé, « Ces actions sont relayées au niveau européen par la Fefac, l’Association européenne des fabricants d’aliments composés qui partage nos axes de travail », se félicite Michel Layus.

Objectif Chine

Les dossiers sur la table en 2019 ne manquent pas. Parmi les priorités de l’Afca-Cial figure la réactualisation de son guide pratique pour l’utilisation d’allégations sur les aliments composés et prémélanges. « Cette réactualisation du guide nous a permis de définir des règles communes et comprises par l’administration en matière d’allégations en alimentation animale, et ce dossier va être porté au niveau européen par la Fefac », précise Michel Layus. La révision du guide permettra notamment aux entreprises d’avoir un cadre pour mettre en valeur le rôle de la nutrition animale dans le maintien de l’état de santé et du bien-être des animaux.

Initié en 2017, le dossier Export Chine pour les additifs et prémélanges devrait aboutir en 2019.

Dans le cadre de la demande officielle d’ouverture du marché chinois pour les additifs et prémélanges, initiée en 2017, l’Afca-Cial avait compilé les réponses reçues d’une vingtaine d’entreprises adhérentes souhaitant exporter leurs produits vers la Chine, représentant environ 160 couples produits/entreprises. Après vérification et compléments apportés par l’administration française sur l’organisation des contrôles officiels, le dossier a été envoyé aux autorités chinoises début janvier 2019. Par la suite, celles-ci mèneront des audits dans des entreprises françaises et publieront aux termes de la procédure, une liste de couples entreprises/produits autorisés à exporter vers la Chine. « Certaines entreprises parfois de petite taille ont des produits originaux pouvant intéresser les marchés à l’export comme la Chine », estime Michel Layus qui précise que ce dossier est géré avec l’appui et la collaboration de FranceAgriMer.

La communication restera par ailleurs le bras armé de toute l’action future de l’Afca-Cial.

« Nous avons, grâce à nos membres, un grand savoir-faire et énormément à dire, avec un travail de longue haleine devant nous », conclut Michel Layus.

Philippe Caldier

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