Cetec Industrie : cinquante ans de conditionnement

Fondée il y a 50 ans, Cetec Industrie fait aujourd’hui partie des leaders mondiaux dans la fabrication de machines spécialisées pour le pesage, l’ensachage et la palettisation de produits pulvérulents, granulés ou en morceaux. L’entreprise périgourdine ne cesse d’innover pour plus de flexibilité, d’ergonomie et de productivité.

Cetec Industrie s’appuie sur 90 employés, de la conception à la fabrication et la commercialisation des doseurs, ensacheuses, fermeuses, fardeleuses et palettiseurs de dernière génération.

La première machine développée et fabriquée par Cetec Industrie était destinée à ensacher du petfood. Depuis, l’entreprise qui fête son 50e anniversaire cette année, fournit des lignes de conditionnement pour tout type d’industries et de produits  : ingrédients alimentaires (céréales, minéraux, sucre, lait en poudre, farine, riz, etc.), semences, produits chimiques (granulés plastiques) et phytosanitaires, terreau, pigments, charbon et granulés de bois, litière, sans oublier les aliments pour les animaux d’élevage, de compagnie et l’aquaculture. « Nous avons à ce jour installé 2 500 machines » indique Régis Labrue, président- directeur général de l’entreprise familiale (à la suite de son oncle) depuis juin 2009. Cetec Industrie se place ainsi parmi les leaders mondiaux de la fabrication de machines spécialisées dans le pesage, l’ensachage et la palettisation. En 2020, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 13 millions d’euros, « dont 30 % à l’export ».

Cetec Industrie fabrique également des petites ensacheuses, avec les mêmes options que les grandes mais une cadence moindre, pour des agriculteurs ou des coopératives de petite taille.

Cetec Industrie est née de l’évolution du Centre d’études techniques, crée en 1966 par Jean-Claude et Michel Labrue. Il s’agissait d’un bureau d’étude spécialisé dans la conception de bâtiments industriels. En 1971, sous l’impulsion de Jean-Claude Labrue, l’entreprise évolue en une société d’études et de réalisation de machines spéciales : machines de traitement des pruneaux, ligne d’enrobage pour aliments d’animaux domestiques. Elle est alors implantée à Saltegourde, en périphérie de Périgueux (Dordogne). Avec la réussite de sa première ensacheuse, la PME prend un virage dans les années 1980 en commercialisant des machines spécialisées dans le conditionnement de croquettes. Depuis, les plus grandes marques du secteur se sont dotées de ses lignes de production spécifiques. « Le petfood est très important pour nous, les demandes sont toujours très pointues et elles nous font avancer. En matière de sécurité notamment » explique Véronique Dagain, assistante technicocommerciale France.
La première doseuse Cetec est installée en 1985. Cette même année, la société intègre les premiers automates. En 1986, elle dépose ses premiers brevets. Le premier palettiseur et la première ligne complète sortent de l’atelier, qui a déménagé à Marsac-sur-l’Isle, en 1989. Cetec Industrie arrive sur le site actuel, à Chancelade, en 1997. Après un agrandissement de 1 900 m² sur 12 m de faîtage, en 2019, l’atelier s’étend aujourd’hui sur près de 7 000 m² et fait travailler 90 personnes, de la conception à la fabrication des doseurs, ensacheuses, fermeuses, fardeleuses et palettiseurs de dernière génération. Une dizaine de métiers sont représentés, de la chaudronnerie à la découpe laser en passant par le câblage électrique, le tournage-fraisage et la peinture. 80 % des pièces sont fabriquées sur place. « Pour accompagner notre développement, nous recrutons actuellement des électriciens industriels, chaudronniers, monteurs en mécanique et automaticiens » indique Véronique Dagain.

Des lignes uniques

Le bureau d’études en recherche et développement compte une quinzaine de personnes. Trois à quatre brevets sont déposés chaque année. Les machines sont conçues en fonction des besoins de chaque client. « En France, c’est la machine qui s’adapte aux demandes des clients. Ce n’est pas forcément le cas dans d’autres pays » précise Mathias Elie, responsable commercial, ajoutant que chaque ligne sortant de l’atelier « est unique ». Les dernières en date à avoir été livrées pour l’alimentation animale sont une ligne d’ensachage automatique pour pulvérulents en sac papier et une ensacheuse de minéraux en sacs de 20 et 25 kg en sac papier, pe et polypro. Cetec Industrie a également réalisé récemment une ensacheuse équipée de deux postes de dosages séparés, alimentés par des circuits distincts, « évitant toute contamination croisée », permettant par exemple de conditionner du bio et du non bio sur la même ligne.

« Notre objectif est de répondre aux besoins actuels et futurs des industriels, pour cela nous concevons des machines flexibles et modulaires. » Elles peuvent remplir plusieurs types de sacs sur la même ligne, de plusieurs formats « avec changement automatique des réglages et sans limitation de cadence », sous vide et/ou sous gaz. La fermeture peut également changer, « grâce à une succession de systèmes : soudure, couture, scellage, collage, pour zips frontaux, slider, etc. ». Le sens du sac est lui aussi automatiquement détecté. « Mettre le bon sac dans le magasin, c’est la seule chose que la machine ne sait pas faire ! » précise Mathias Elie. « Il faut aussi s’adapter aux conditions d’implantation, parfois compliquées à cause de la structure du bâtiment. Il n’y a pas de standard. »

Mathias Elie, responsable commercial et Véronique Dagain, assistante technico-commerciale France.

Les applications robots, développées par Cetec depuis 2005, permettent quant à elles de palettiser des sacs sur des palettes ou dans des box cartons, « avec des temps de changement de moins de deux minutes », indique Mathias Elie. Il ajoute que sur chaque ligne, « un espace est prévu en natif pour un poste en plus. Ce qui assure l’évolutivité de la machine sur le long terme. La place permet tout ». Sur une ligne complète d’ensachage, qui mesure en moyenne une trentaine de mètres, cela représente 3 à 4 mètres supplémentaires. « Les modifications de machines sur des lignes déjà installées, pour passer à un autre format ou un autre matériau ou encore pour remettre des éléments aux normes, représentent aujourd’hui 20 à 25 % de notre chiffre d’affaires », note Régis Labrue. Cetec Industrie travaille aussi pour simplifier la conduite des lignes et améliorer leur ergonomie. Les machines peuvent ainsi disposer d’un doseur « démontable entièrement sans outils » pour un nettoyage total et facile, de bacs de récupération produit sur roulettes dans l’ensacheuse, de caissons de dosage et d’ensachage équipés de systèmes d’aspirations spécifiques à chaque métier pour limiter les ambiances poussiéreuses, d’écrans tactiles de grande taille pour l’aide à la conduite, « avec une interface fonctionnelle (recettes pré enregistrées) et conviviale, avec signalement des défauts», de chariots d’aide à la manutention, d’un magasin à hauteur, etc.

Régis Labrue est le président-directeur général. Il a succédé à son oncle, fondateur de Cetec Industrie, en juin 2009 à la tête de l’entreprise familiale.

Les équipements s’accompagnent d’une gamme de prestations « de plus en plus large » : mise en service, assistance à la conduite de ligne à distance, suivi après-vente, etc. « Le SAV e st un a tout majeur », appuie Mathias Elie. « Trente personnes travaillent en SAV. Cela représente 25 % de notre chiffre d ’affaires », complète Régis Labrue. « Nous fournissons les pièces détachées et sommes capables de fabriquer une pièce dans la journée. Nous sommes très réactifs. » Les techniciens se déplacent dans les usines ou interviennent à distance grâce à des commandes informatiques pour assurer la maintenance, « avec un service de télémaintenance gratuit. Nous réalisons également des audits complets en maintenance préventive, on apporte également du conseil. Tout cela représente une motivation d’achat pour nos clients aujourd’hui ». Forte de 50 années de savoir-faire et d’expertise et de sa réactivité, Cetec Industrie souhaite aujourd’hui accentuer ses développements en matière de robotisation et vise, d’ici 2025, « les 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une part croissante à l’export ».

Ermeline Mouraud

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