M. Johan den Hartog, directeur général de GMP+. (Crédit GMP)

Certification GMP+ International : de plus en plus présente en France

En France, le nombre d’entreprises certifiées GMP+ Feed Safety Assurance (FSA) ne cesse de croître. L’an dernier, un protocole d’accord a été signé entre Oqualim et GMP+ International. À mesure que la certification évolue sur le territoire français, de plus en plus de personnes au sein de la filière de nutrition animale commencent à s’interroger : qu’est-ce que GMP+ FSA, en fin de compte ? Qui se cache derrière elle ? GMP+ International est-il une organisation commerciale ? Ou semi-gouvernementale ? En réalité, il n’est ni l’un ni l’autre.

« GMP+ International est le détenteur d’un des plus vastes programmes de certification au monde en matière de sécurité des aliments pour animaux. » Près de 18 000 entreprises à travers le monde sont certifiées pour le programme GMP+ Feed Safety Assurance (FSA), et en France, plusieurs centaines d’entre elles s’y sont jointes au cours des dernières années. Mais cette croissance s’accompagne également de questions. Par exemple : qu’implique l’accroissement du nombre de certificats GMP+ FSA en France pour les entreprises certifiées Oqualim ? C’est pourquoi en septembre 2017, un protocole d’accord a été signé entre Oqualim, GMP+ International et trois autres organismes de certification, afin d’instituer une « reconnaissance mutuelle temporaire ». Cela signifie que depuis le 1er janvier 2018, les certifications Oqualim sont reconnues comme « équivalentes » par le programme GMP+ FSA, et vice versa. Durant cette période de deux ans (2018 et 2019) permettant aux détenteurs de certification de travailler à une reconnaissance mutuelle définitive, les entreprises certifiées pour un programme peuvent donc commercer librement avec les entreprises certifiées pour l’autre programme. Cela fait déjà de nombreuses années que GMP+ International jouit d’une reconnaissance mutuelle avec Qualimat quant à la certification du transport routier. La reconnaissance mutuelle additionnelle avec Oqualim est un développement prometteur pour le marché international des aliments pour animaux, étant donné qu’elle brise les barrières. Cependant, certaines personnes en France pourraient se demander : pourquoi GMP+ International est-il actif ici ? Mais également : qui ou qu’est-ce qui se cache derrière GMP+ International ? Comment est-il dirigé et qui en a le contrôle ? De plus en plus d’entreprises françaises d’aliments pour animaux deviennent actives sur le marché international, et pour cette raison, elles veulent avoir une certification GMP+ FSA au lieu ou en complément d’un certificat Oqualim. Ce système de certification possède une solide approche de la chaîne d’approvisionnement des aliments pour animaux, c’est pourquoi les fournisseurs d’ingrédients d’aliments pour animaux veulent également détenir un certificat GMP+ FSA, et satisfaire ainsi à la demande sur le marché français et à l’international.

M. Johan den Hartog, directeur général de GMP+. (Crédit GMP)

M. Johan den Hartog, directeur général de GMP+. (Crédit GMP)

Good Manufacturing Practices

GMP+ International fut fondé en 1992 par la filière néerlandaise des aliments pour animaux sous le nom de Good Manufacturing Practices (GMP). À l’origine, ce n’était pas le vaste programme de sécurité des aliments pour animaux que nous connaissons aujourd’hui, mais un simple code de bonnes pratiques pour la production d’aliments pour animaux. La fondation de GMP fut une réponse à différents incidents de contamination hautement médiatisés survenus aux Pays-Bas. Il fut créé à la demande de l’industrie néerlandaise d’exportation et de transformation des aliments pour animaux, ainsi que du gouvernement. Instauré pour le marché néerlandais des aliments pour animaux, GMP n’était pas censé s’internationaliser. Mais au vu de l’orientation internationale du marché principal, il ne fallut pas longtemps avant que les pays voisins, à savoir l’Allemagne et la Belgique, ne commencent à manifester leur intérêt à l’égard de GMP. Pendant ce temps, l’évolution du marché et des expériences en matière de gestion de la sécurité des aliments pour animaux dans la pratique fit en sorte que le contenu du code se développa également. Afin de garantir une qualité constante des aliments pour animaux, une approche structurée basée sur un plan fut adoptée en intégrant des exigences de gestion de qualité Iso. L’ajout de principes HACCP dota le code d’un caractère plus préventif et plus proactif. La pratique montre qu’une contamination trouve souvent racine au sein de la chaîne d’approvisionnement. Par conséquent, le champ d’application du programme fut élargi à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement des aliments pour animaux. Un plus « + » fut ajouté au nom de l’organisation car GMP devint peu à peu bien plus qu’un simple code de bonnes pratiques. Il évolua en un véritable programme de certification en matière de sécurité des aliments pour animaux. Il s’adressait non seulement aux entreprises individuelles, mais grâce à son approche unique de la filière, il visait également l’ensemble de cette dernière.

Sans but lucratif

« GMP+ International BV, détenteur du programme, est un organisme à responsabilité limitée sans but lucratif de droit néerlandais, explique son directeur général, M. Johan den Hartog. Nous avons opté pour la responsabilité limitée (BV en néerlandais, SARL en français) pour pouvoir fonctionner de manière indépendante, sans aucune influence dans les activités des entreprises certifiées ou d’autres groupes d’intérêts. Cela nous donne également la flexibilité nécessaire lorsque nous opérons sur le marché international. » GMP+ International ne possède qu’un seul actionnaire : la Fondation GMP+ International, constituée de dix associations néerlandaises de la filière des aliments pour animaux, celles qui sont impliquées au sein de l’organisation depuis 1992. Les actionnaires ne reçoivent pas d’argent ni de dividendes. M. Den Hartog : « Les profits réalisés par GMP+ International sont soit utilisés pour améliorer nos produits, services et activités internes, soit transmis aux entreprises certifiées au travers de réductions sur les frais de certification annuels. »

Vision extérieure

Légalement, GMP+ International est tenu d’organiser une assemblée générale des actionnaires chaque année. Elle se prononce sur la nomination ou le départ du directeur général, mais également des membres du conseil de surveillance. Elle prend également des décisions concernant certaines questions stratégiques et le rapport financier annuel. L’unique actionnaire n’est pas impliqué dans les questions tactiques et opérationnelles. Les opérations quotidiennes au bureau de GMP+ International, établi aux Pays-Bas, sont assurées par le directeur général, M. Den Hartog, en fonction depuis 1992. Il est responsable de toutes les opérations et jouit d’un plein pouvoir de décision. « Mais pour certaines positions stratégiques ou importantes, j’ai tout de même besoin de l’approbation de l’assemblée générale des actionnaires ou du conseil de surveillance, explique-t-il. Ce dernier se compose de trois superviseurs qui ne sont pas impliqués dans le secteur des aliments pour animaux. Nous avons la ferme conviction que leur vision extérieure unique nous permet de rester en alerte. »

Approche multipartite

En dépit des importantes missions du directeur général et de l’assemblée des actionnaires, la plupart des décisions relatives au contenu du programme sont finalement basées sur les contributions et les conseils du secteur des aliments pour animaux lui-même. GMP+ International accorde une grande importance à ses nombreux acteurs. « Notre processus de prise de décisions est fondé sur les principes de la participation multipartite et de la consultation publique, explique M. Den Hartog. Notre programme et nos services sont construits sur le soutien, l’implication et l’engagement des intervenants issus de la filière internationale des aliments pour animaux et des denrées alimentaires. » Les décisions visant l’ajustement du programme GMP+ FSA ne sont prises qu’à l’issue de discussions approfondies avec les entreprises certifiées, les associations industrielles et d’autres partenaires. « Pour tenter de garantir la sécurité des aliments pour animaux dans le monde entier, nous visons toujours le soutien le plus large possible pour tous les changements ou tous les ajouts », déclare M. Den Hartog.

Travailler ensemble

Dans cette optique, GMP+ International a créé l’International Expert Committee (IEC). L’IEC fonctionne comme un conseil consultatif pour la gestion de la structure et du contenu du programme et des exigences de certification. Son comité constitué de 19 membres a été désigné par les partenaires du secteur des aliments pour animaux et des denrées alimentaires. Par ailleurs, il existe six sous-comités. Lorsque des changements ont été proposés, une période de consultation publique standard est appliquée, au cours de laquelle les intervenants peuvent exprimer leurs remarques ou critiques à l’égard des ajustements prévus. Mais il existe quelques idées fausses au sujet de GMP+ International dans le secteur des aliments pour animaux, reconnaît M. Den Hartog. « Parfois, certaines personnes au sein du secteur ont tendance à nous voir comme le superviseur strict auquel il faut faire attention, car nous risquerions de leur retirer leurs certificats en un rien de temps. C’est on ne peut plus faux, précise-t-il. Nous n’avons qu’un seul objectif : la sécurité des aliments pour animaux dans le monde entier. La seule manière de l’atteindre est de travailler tous ensemble. Nous sommes plus que fiers de ce que nous avons accompli au cours des 25 dernières années. Mais ces accomplissements n’ont été possibles que grâce à la collaboration entre les entreprises d’aliments pour animaux et d’autres partenaires à travers le monde. En outre, 32 organismes de certification ont été impliqués dans le contrôle et la certification des entreprises d’aliments pour animaux. Nous devons nos progrès à chacun d’entre eux. Nous continuerons donc de travailler en étroite coopération dans les années et les décennies à venir. »

Caroline Morice

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