Carboloire : des carbonates de calcium à la porte de la Bretagne

Les carbonates de calcium sont des minéraux essentiels dans l’aliment des animaux, les prémix, spécialités et autres formules minérales. Depuis 1998, Carboloire produit des carbonates de calcium depuis son outil installé en bordure de la Loire, sur le port de Montoir. Visite guidée.

Sur les bords de la Loire, à deux pas du terminal agroalimentaire de Montoir-de-Bretagne et tout près du terminal d’importation de ciment, se trouve le site de production de Carboloire. Cette société produit des carbonates de calcium à destination, entre autres, des industries de la nutrition animale. Créée en 1998, l’entreprise est une filiale à 100 % du groupe Caddac, propriété de la famille De Sousa Reis. Le site de Montoir est l’unique unité de fabrication de carbonates de calcium du groupe.

Composé d’ions carbone et d’ions calcium, le carbonate de calcium est issu majoritairement de roches calcaires.

Jacky Bazire, agent commercial exclusif des produits de la gamme, revient sur l’origine et la raison de la présence de Carboloire à Montoir : « L’implantation de Carboloire ici n’est pas le résultat du hasard. Le groupe Caddac fut un des premiers importateurs de ciment vrac en France, opérant depuis le terminal ciment de Montoir où ses outils d’importation, et ses installations de mélange et de distribution du ciment furent installés. Son siège est toujours à Donges. » Or le carbonate de calcium est un élément essentiel pour la qualité du ciment : il est rajouté dans les ciments d’importation qui sont purs, c’est l’opération de fillerisation des ciments qui participe au bon équilibre granulométrique et chimique du ciment. Dans l’histoire du groupe Caddac, la production de calcaire est donc complémentaire de l’activité d’importation de ciment. Aujourd’hui, Caddac est toujours un groupe essentiellement investi dans la construction : « Ses activités principales sont la fourniture de béton prêt à l’emploi, d’éléments de constructions comme les pré-murs, les parpaings, et les sables », présente Jacky Bazire. Un tiers des carbonates produits à Montoir sont ainsi dédiés aux besoins des activités du groupe Caddac.

Deux calcaires

Le site de Carboloire a une capacité de production annuelle de 100 000 tonnes. Deux types de matières premières y sont traités : un calcaire dur (dit micritique), reconnaissable à sa couleur grise et un calcaire tendre (de type turonien) caractérisé par sa couleur blanche. « La diversité des sources a toujours été une préoccupation pour le groupe Caddac, retrace Jacky Bazire. Varier les fournisseurs et diversifier les origines géographiques permet de sécuriser les approvisionnements. Et avec deux types de roches, nous élargissons notre panel d’action et de clients. » Elles arrivent par camion de Charente et de Pays de la Loire.

« N’étant pas situés sur une carrière, nous ne sommes pas liés à un gisement. C’est peut-être un inconvénient de ne pas être à proximité de celui-ci, mais c’est surtout un avantage de pouvoir choisir des matières premières adaptées aux besoins de nos clients, énumère Jacky Bazire. Autre atout : nous sommes à la porte sud de la Bretagne où se trouve l’essentiel de nos marchés aussi bien pour la nutrition animale que pour le chaulage des sols. » La géologie du massif granitique explique l’absence de source de calcaire locale et donc le fort besoin en chaulage des sols agricoles.

Situé à la porte de la Bretagne, Montoir est donc une porte d’accès aux marchés bretons : « Le transport des matières premières n’est donc pas un contresens car nous sommes sur la route d’approche. En outre, nous nous organisons pour nous approvisionner uniquement sur des transports retour. Nous sommes sur une zone portuaire, c’est-à-dire captive en termes de transport en benne, ce qui nous donne la possibilité de travailler nos approvisionnements exclusivement sur du retour : les bennes qui ont livré les usines avec des produits d’importations reviennent chargées de nos matières premières. C’est un indéniable avantage économique car nous n’affrétons pas sur le départ et nous bénéficions du coût retour. C’est un avantage économique ? C’est également intéressant sur le plan environnemental car nous sommes intégrés dans un plan de rotation des camions. » Enfin, être placé sur un port présente aussi un atout stratégique pour Carboloire : « Si un jour, il se trouve des opportunités d’approvisionnement de calcaire par voie maritime, nous serons bien placés. Pour l’instant, ce n’est pas justifié économiquement, mais peut-être qu’un jour le coût du transport routier ou l’optimisation du flux maritime rendra ce mode d’approvisionnement rentable. Être à Montoir est une réelle source d’opportunités pour l’avenir. »

Carboloire traite deux carbonates différents. Leurs couleurs sont légèrement distinctes : l’un est légèrement grisé, l’autre plus blanchâtre.

Broyage et micronisation

Les opérations industrielles réalisées par Carboloire à Montoir consistent essentiellement en du broyage, du séchage et de la micronisation. Jacky Bazire présente les installations et décrit le procédé : « Les matières premières arrivent sous forme de gros granulats. L’avantage d’être acheteur est que l’on peut choisir la granulométrie, contrairement à une carrière qui doit traiter l’ensemble des granulats. » Les blocs de grandes dimensions offrent l’avantage de faire moins de rétention d’eau et de peu se déliter. Ils sont stockés à plat en extérieur, dans deux plateformes de 10 000 tonnes.

« Les blocs sont repris par un chargeur et déversées via une trémie d’alimentation dans le broyeur à marteaux. Le séchage concerne surtout le carbonate, blanc, le plus tendre car, l’autre, plus dur subit un échauffement au moment du broyeur qui contribue à l’assécher mécaniquement, poursuit-il. Un éjecteur sépare ensuite les plus gros morceaux qui retournent vers le broyeur. Le granulat est micronisé selon les besoins. »

La granulométrie est un facteur essentiel de la qualité. Carboloire propose uniquement des farines, « pour le moment », précise Jacky Bazire. Le cœur de gamme est constitué de 0,100 µm, et 0,315 µm pour la nutrition animale. Carboloire propose également une farine de 0,063 µm, destinée au marché de la neutralisation des eaux et de la désulfurisation des fumées.

Diversifier ses marchés

Le premier marché de Carboloire demeure la construction. Le second marché est le chaulage des sols agricoles qui a pour objet de « diminuer l’acidité les sols et favoriser le développement de la vie microbienne. » Le troisième marché est celui de la nutrition animale. Pour ce dernier, la commercialisation des carbonates de Carboloire a longtemps été réalisée par une structure de mise en marché commune à Carboloire et Carmeuse, 2e opérateur du marché français. À l’occasion d’une opération de concentration des opérateurs français du carbonate, Carboloire a repris la commercialisation de ses carbonates depuis le début de l’année 2018 via un agent commercial exclusif, en la personne de Jacky Bazire.

Jacky Bazire, agent commercial exclusif des produits Carboloire présente le schéma synoptique de contrôle du site de Montoir ainsi que la capacité de stockage des produits finis qui est de 2 400 tonnes.

« Nous commençons par nous faire référencer chez les grands opérateurs fabricants d’aliment, décrit-il. C’est important de leur permettre de valider le comportement de nos produits et l’organisation logistique. »

L’offre de Carboloire se définit par sa granulométrie et le type géologique des carbonates : « Quand il est utilisé uniquement pour sa valeur minérale, le carbonate cœur de gamme est le gris dont la structure est lamellaire. Le carbonate blanc sera davantage positionné pour les fabricants de minéraux ou asséchant litières : son calcaire tendre, sa structure particulaire et sa finesse lui confèrent une meilleure capacité d’adsorption, présente Jacky Bazire. Sa couleur blanche résonne particulièrement bien avec l’hygiène. Sa capacité de support est excellente. » Pourtant, pour les spécialités, le carbonate blanc proposé par Carboloire est encore trop pulvérulent : « Pour répondre à leurs besoins technologiques et au besoin de compatibilité avec les autres composants des formules, nous allons faire évoluer notre gamme. Nous allons proposer en une avec des granulométries adaptées aux besoins de nos clients. » Cela nécessitera un investissement car l’usine actuelle, conçue pour filleriser les ciments ne produit que des carbonates à la granulométrie fine. « L’investissement est acté. Il prendra forme en 2021 et nous serons alors aptes à nous adresser aux fabricants de spécialités et prémix, aux fabricants de minéraux dont le carbonate représente 80 % des teneurs. »

F. Foucher

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