Bonnes pratiques : du bon usage des plantes en alimentation animale

Le dernier né des guides de bonnes pratiques de la profession vient de sortir. Il a été rédigé sous l’égide de l’Afca-Cial, Association des fabricants de compléments et fournisseurs d’additifs pour l’alimentation animale et concerne l’utilisation des plantes et produits à base de plantes en alimentation animale.

Le Guide de bonnes pratiques pour l’utilisation des plantes et produits à base de plantes en alimentation animale est paru fin 2020. Il a été rédigé par les experts réunis sous l’égide de l’Afca-Cial.

« L’idée est de proposer aux professionnels du secteur un recueil de connaissances techniques, d’explicitations règlementaires ainsi que des prises de positions lorsque cela était nécessaire sur le thème des plantes », explique l’Afca-Cial. Michel Layus, président de l’association, rappelle dans l’introduction de ce guide : « Les plantes et les produits qui sont issus des plantes ont un potentiel certain pour des productions animales plus durables et respectueuses des hommes et des animaux. L’utilisation de ces plantes doit se faire avec un cadre règlementaire et technique adapté. »

Le sujet des plantes et des produits à base de plantes est un sujet de fond pour l’Afca-Cial qui a initié des travaux sur ce thème dès 2018. Sa journée sur le thème Plantes et extraits de plantes : Contexte règlementaire et enjeux pour l’alimentation animale avait attiré en octobre 2018 plus de cent personnes représentant soixante-dix entreprises adhérentes de l’Afca-Cial, prouvant l’intérêt de la profession pour cette thématique. Après les interventions des experts permettant d’appréhender le contexte règlementaire, les enjeux ainsi que les aspects techniques, la journée s’était poursuivie par des réflexions entre adhérents pour identifier les axes de travail prioritaires pour l’association. Les attentes des adhérents avaient ainsi été précisées : « Un besoin de connaissances techniques dans le domaine, une nécessité de clarifier le statut règlementaire de certains produits et de pouvoir identifier les plantes utilisables en alimentation animale. » Le conseil d’administration de l’Afca-Cial a décidé de répondre aux besoins des adhérents en leur proposant un cadre sûr et pragmatique avec la rédaction d’un guide de bonnes pratiques professionnel. « Ce guide a donc pour objectif de répondre aux questionnements soulevés par les adhérents lors de cette journée, en apportant notamment un cadre face aux vides et incertitudes règlementaires », présente l’Afca-Cial.

Sa rédaction est le résultat de la mobilisation d’un groupe de travail constitué de vingt-deux professionnels, fournisseurs et utilisateurs des produits à base de plante, tous volontaires pour apporter à l’association leur expertise dans le domaine des plantes et de la nutrition animale.

Vous avez dit plantes ?

Le guide traite des plantes, des parties de plantes et des produits issus de leur transformation. Il commence par une description des principaux procédés utilisés pour transformer les plantes : concentration, distillation mais aussi gemmage, rectification sur colonne, etc. avec des schémas explicatifs de ces procédés. Il se poursuit par une définition des produits.

Le guide prend ensuite position sur les plantes utilisables en alimentation animale. « La règlementation en alimentation animale ne définit pas de liste de plantes interdites », rappelle l’Afca-Cial qui s’est donc basée sur des règlementations issues du secteur de l’alimentation humaine (plantes toxiques et plantes médicinales), pour exclure certaines plantes de l’utilisation en alimentation animale. Il s’agit des plantes qui ne peuvent pas être utilisées en alimentation animale car interdites par la règlementation, telles que les plantes figurant parmi les impuretés botaniques nuisibles (Directive 2002/32/CE modifiée) ; mais aussi des plantes pour lesquelles la règlementation alimentation animale n’est pas explicite. « L’Afca-Cial a pris la position de fournir à ses adhérents des recommandations pour leur utilisation ou leur non-utilisation en fonction de leur nature ou de leur potentielle toxicité ou effet dopant. » Le guide rappelle ainsi qu’« il existe des listes officielles de plantes vénéneuses en alimentation humaine, mais [qu’] il n’en existe pas en alimentation animale ». L’Afca-Cial recommande donc de « ne pas utiliser en alimentation animale les plantes toxiques pour l’homme, à l’exception des cas explicitement prévus par la règlementation alimentation animale ».

Concernant l’usage des plantes médicinales, l’application du monopole du pharmacien aux plantes médicinales utilisées en alimentation animale est soumise à interprétation. L’Afca-Cial a considéré que « les plantes libérées du monopole du pharmacien, ainsi que les plantes utilisables dans les compléments alimentaires à destination des êtres humains, sont utilisables en alimentation animale dans les mêmes conditions ».

Le Guide propose ensuite un Arbre de décision pour la détermination de l’utilisation des plantes médicinales en alimentation animale. Cet outil se décline également dans un format informatique, sous la forme d’un « outil interactif sur la base de questions aboutissant à la conclusion quant à l’utilisation autorisée ou non d’une plante médicinale en alimentation animale ».

Un autre outil d’aide à la décision est proposé pour classifier les produits à base de plantes afin de « guider les opérateurs, qu’ils soient fabricants d’aliments, de prémélanges ou fournisseurs de matières premières ou d’additifs, dans le classement des produits à base de plantes en tant que matière première ou additif ».

Les mentions d’étiquetage des produits à base de plantes et les allégations autorisées sont rappelées et renvoient à des guides plus détaillés. Des recommandations pour l’élaboration des fiches techniques des produits à base de plantes sont également proposées.

Nul doute que ce guide de près de 80 pages saura répondre aux interrogations des différents acteurs de la nutrition animale, utilisateurs de produits à base de plantes. L’Afca-Cial souligne la présentation de cet outil en soulignant : « Le guide n’a pas pour vocation de se substituer à la responsabilité des opérateurs, mais de les aider dans une utilisation raisonnable de ces produits. »

F. Foucher

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