Déchargement de tourteaux de soja sur le port de Brest.

Baisses des volumes de vrac agro : les ports français diversifient leurs trafics

Les formules alimentaires se déconcentrent en protéine, la fabrication d’aliments est en recul constant sur les marchés français depuis dix ans : le contexte n’est donc guère favorable aux importations de matières premières liées à l’alimentation du bétail. Les ports français voient leur flux de vrac-agro se réduire. L’heure est à la diversification des trafics.

Toujours largement leader sur la façade maritime, le port de Nantes Saint-Nazaire Port affiche un trafic globale de 29,9 millions de tonnes, en progression de 17,2 % par rapport à celui de l’an passé. Si le segment des vrac agro-alimentaire a été impacté par la forte baisse des exportations de céréales (-43 %), conséquence de la mauvaise récolte française 2016, les importations de vrac solides destinés à l’alimentation animale sont reparties à la hausse (+9 %). « Les chargeurs ont privilégié les installations logistiques et portuaires de Montoir de Bretagne, adaptées à l’accueil de grands navires et dotées d’importantes capacités de stockage. Plus de la moitié des importations françaises de matières premières destinées à l’alimentation animale transitent aujourd’hui par les terminaux ligériens », se réjouit le port.

Déchargement de tourteaux de soja sur le port de Brest.

Déchargement de tourteaux de soja sur le port de Brest.

Changement de triturateur à Brest

Avec 2 399 974 tonnes (t) en 2017, Brest demeure le premier port breton en termes de volume mais « les tonnages ont baissé de plus de 8 % », annonce Raoul Laurent, directeur des équipements. La quasi-totalité de cette baisse est portée par le segment des matières premières agricoles en vrac solides et huiles agroalimentaires qui recule de 251 358 t en 2017 et ressort à 695 137 t, contre 936 495 t en 2016. « Ce recul important est essentiellement dû aux importations de graines de soja », décrit-il. Il en est débarqué 538 833 t en 2017 contre 768 866 en 2016. « Il faut savoir que nous avons vécu un élément spécifique en 2017 : le changement d’actionnariat de l’usine de trituration située sur le port qui est passés le 1er mars 2017 des mains de Cargill à celles de Bunge. 2017 a donc été pour l’actionnaire une année de prise en main de l’activité industrielle. Or l’année précédente avait été particulièrement bonne, ce qui amplifie l’écart. L’arrêt technique annuel a notamment été plus long : quatre semaines d’arrêt en 2017 alors que l’usine n’a pas connu d’arrêt technique en 2016. »

Le volume d’activité du terminal a également été impacté par la trituration de graines de colza breton livrées en camion. « Cargill avait spécialisé l’outil de Brest dans la trituration de soja, réservant le tournesol sur son site de Montoir, précise Christophe Hattenville, le directeur commercial du port de Brest. Bunge qui ne dispose que de cette usine de trituration en France, a trituré en 2017 du soja et du colza. L’usine brestoise n’avait pas trituré de colza depuis 2009. La disparition des entrées de graine de colza sur l’outil portuaire traduit donc cette stratégie de prise en main de Bunge. Quelle sera leur stratégie à l’avenir ? »

Enfin, « le résultat global du port au niveau des matières premières agricoles importées à Brest tient également compte du décalage d’un navire de 65 000 t de graines qui a été comptabilisé en 2016 en termes de statistiques portuaires », précise Raoul Laurent. L’exportation d’huiles végétales produites par l’usine  de trituration est également en baisse alors que les importations de Viprotal et d’huile de palme progressent elles de +17 % à 11 460 t.  La baisse du tonnage des matières premières vrac agricoles est de -26 %, mais le chiffre d’affaires du terminal matières premières agricoles n’affiche qu’une baisse de -11 %.

« Ce début d’année 2018 est très bon en revanche, présente Christophe Hattenville. La catégorie du vrac agricole affiche 167 000 t en février contre 97 000 t l’année précédente. Nous retrouverons probablement des niveaux se rapprochant de l’année 2016, plus cohérent avec la seule baisse du marché. »

Parmi les faits marquants sur la place brestoise en 2017, Raoul Laurent cite le démarrage de l’exportation de poudre de lait en conteneur pour le compte du fabriquant chinois installé à Carhaix, Sinutra. « Cela représente une activité de 47 000 boites EVP, soit la totalité du volume fabriqué à l’usine de Carhaix. » Pour faire face à ce flux, qui remplace l’exportation de poulets congelés, le port a beaucoup investi sur la plateforme multimodale. « Sur la durée de contrat de délégation de service publique cela représente 20 millions d’euros en 10 ans. »

Le service commercial du port s’est d’ailleurs étoffé avec l’arrivé d’un nouvel attaché commercial spécifiquement dédié à ce marché : Gilles Tocquet. L’année 2017 a aussi été marquée par le recrutement d’un VIE basé en Chine qui a débuté son poste à Qindao en septembre : Guillaume Roux. « Son poste est partagé avec d’autres entreprises dans le groupe CCI de Brest. Il est chargé de développer le trafic de conteneurs entre la Chine et Brest en feeder, avec Le Havre, Anvers ou Rotterdam. »

Concernant les investissements, l’année 2017 a vu de la remise à niveau, de la mise aux normes : aménagement de terre-plein, réfection d’une toiture de silo, etc. Enfin, Raoul Laurent cite les travaux de développement du port de Brest avec le projet de création du terminal EMR (Energies marines et renouvelables). « Ces travaux impliquent également des améliorations des accès nautiques du port, pour que l’outil nautique soit adaptés aux capacités terrestres, ce qui bénéficie à tous les trafics également au vrac agro. Le quai en cours de construction sera mis en service début 2020. »

D’ici là, la Région aura renouvelé sa délégation de concession. « Elle prend fin en décembre 2018 », précise le directeur des équipements. Dans ce cadre, depuis l’été 2017, le port et ses partenaires se sont engagés dans une étude stratégique du développement du port de Brest à l’horizon 2040. « Nous travaillons avec toute la communauté du port de Brest, impliquant tous les acteurs de la places portuaire et les industriels intéressés. La dernière étude menée en 2005 portait sur l’horizon 2020. Sur la base de cette étude qui sera rendue en juin 2018, nous pourrons construire un nouveau projet. »

Chargement de 6 000 tonnes d’orge avec la nouvelle sauterelle du port de Lorient.

Chargement de 6 000 tonnes d’orge avec la nouvelle sauterelle du port de Lorient.

Lorient mise sur la diversification

« Après cinq années de récession, Lorient renoue avec la croissance et affiche la meilleure progression des ports bretons pour 2017 : +2,82 % », annonce Laurent Chéreau directeur du port de Lorient. Cette croissance est majoritairement portée par le segment des hydrocarbures et des vracs de construction. Le vrac agroalimentaire recule lui de -8,4 % à 693 864 t contre 757 341 t en 2016. Il contribue toujours pour 30 % de l’activité du port.

« En 2015, le port était encore largement dominé par les flux agro, mais nous avons travaillé notre diversité et augmenté la part de nos flux hydrocarbures, fait observer Laurent Chéreau. L’opérateur pétrolier de la place lorientaise a investi 14 millions d’euros ces dernières années. « Nous avons signé un accord tripartite entre le port, la Région et cet opérateur lui accordant une autorisation d’occupation temporaire ce qui garantit une certaine pérennité à cette activité. » Avec 957 655 t en 2017, ce marché a atteint son rythme de croisière. Le projet d’appontement sabliers au Rohu, dans le fond de la rade lorientaise, a également contribué à faire croître ce marché. Et le port a travaillé toutes sortes de niches : évacuation de 8 000 t de terres pour le retraitement, pneus broyés, kaolins, etc. « Grâce à la multiplicité de ces volumes, le port de Lorient change doucement d’image », fait remarquer Vincent Tonnerre, directeur commercial du port. Lorient met également en avant son service de remorquage avec ses trois remorqueurs de 20 à 40 t de traction qui bénéficient d’un nouveau quai. « Ils assurent les services aux navires de commerce, mais aussi les activités de construction et réparation navale. Ils ont effectué 93 opérations pour les 42 bateaux de vrac agroalimentaires réceptionnés en 2017. » La visite d’un des remorqueurs a constitué l’une des actions phares de l’opération Keroman en fête qui met en valeur le port de Lorient chaque année en juin.

Lorient se place également sur le marché porteur des énergies éoliennes : « Entre Nantes et Brest qui ont beaucoup investi, Lorient joue de la carte de la proximité avec le projet de la ferme expérimentale de Groix, décrit Laurent Chéreau. Nous nous positionnons dans le service et la maintenance, sur le domaine de l’éolien tant terrestre et maritime, comme un appui à cette industrie nouvelle. »

Parmi les spécificités de la place portuaire lorientaise, Laurent Chéreau souligne la faible disponibilité domaniale : « Nous ne disposons que de 25 ha. Nos revenus liés à cette partie domaniale sont dont limités, quand Brest en compte 200 ha ou Saint-Malo 250 ha, ce qui explique notre besoin de diversifier nos activités. La Région monte un programme pour tenter de racheter des terrains et les inclure dans la délégation de service public. Cette stratégie de sécurisation de l’activité du port, en mettant à disposition de logisticiens la possibilité de développer des activités, se heurte à l’extrême complexité du parcellaire portuaire, dont 40 % relève de la propriété privée. » La délégation de service publique qui attribue la gestion du port à la CCI est reportée d’un an et prendra fin en décembre 2019.

Une sauterelle pour Lorient

L’une des stratégies de diversifications opérées par le port de Lorient concerne directement le vrac agroalimentaire : l’exportation de céréales. Les 5, 6 et7 févriers derniers, Lorient a chargé son premier bateau d’orge à l’export pour le compte de Transgrain à l’aide d’un nouvel équipement. Pendant deux jours et demi, plusieurs centaines de camions se sont succédées pour charger 6 000 t d’orge à bord du vraquier Manisa Greta à destination de Lisbonne. « Là, un décamionneur reprenait la marchandise par une bande transporteuse et l’acheminait directement dans les cales du navire, décrit Vincent Tonnerre en commentant les images de l’opération. Cet équipement, une sauterelle permet de recharger un navire sans que le chargement ne tombe au sol. Il nous permet de proposer les mise à Fob (NDLR : Free on board) les plus compétitives car il épargne le coût de stockage intermédiaire. La consignation du navire et la supervision de la manutention a été faite par AML. Cet outil permet à Lorient de se placer comme une alternative entre Rouen, Montoir et La Rochelle pour le sud de la Bretagne qui a tendance à devenir une place de production et d’exportation de céréales fourragères. Nous devons muter en fonction des évolutions des industries qui travaillent avec la place portuaire. » Lorient a d’ailleurs toujours maintenu la ligne de chemin de fer qui dessert ses quais.

L’outil, encore en cours de rodage, représente un investissement d’un montant de 330 000 euros et trois années de développement. Il a été conçu et construit spécifiquement en tenant compte des besoins des parties prenantes : place portuaire, dockers, céréaliers, etc. Le port s’est beaucoup impliqué dans son développement et son automatisation : « Nous voulons être sûr de son autonomie de fonctionnement, explique le directeur. Nous pouvons assurer sa maintenance en interne ce qui garantit la rapidité d’un éventuel dépannage sans avoir à gérer de stock spécifique de pièces. Cela représente de l’investissement mais c’est une autre façon de penser, plus rentable à long terme. »

Outre cette diversification dans l’exportation, le port de Lorient observe en 2018 le retour du tourteau de palmiste et se satisfait d’une belle campagne de tournesol en 2017 : 187 928 t en provenance d’Ukraine pour le compte des importateurs Bunge et Sanders. « Le soja est, quant à lui, d’origines brésilienne et argentine ainsi qu’indienne pour le non-OGM importé par Solteam, présente Vincent Tonnerre. Toute qualité confondue, il représente en 2017 un flux de 454 997 t contre 416 532 t en 2016. » Le tourteau standard est importé pour le compte de Cofco et Dreyfus. Dix Panamax ont fait escale à Lorient en 2017.

parmi les événements de 2017, le port de Lorient a vu ses deux opérateurs de stockage Le Bras et OMA fusionner dans AML Agence Maritime Lorientaise, groupe Maritime Kuhn. « Cela n’a pas affecté les capacités de stockage disponibles qui demeure stables en données brutes, explique Vincent Tonnerre. Mais qui, via les contraintes de ségrégation sont de plus en plus restreintes. » Du côté du vrac liquide, le flux de mélasse est de 20 878 t contre 42 288 t en 2016.

« Nous œuvrons depuis plusieurs années à diversifier les flux lorientais, pour sécuriser le volume globale du port et faire changer l’image de la place portuaire. Nous avançons à petits pas mais résolument. Cette stratégie porte ses fruits », conclut Laurent Chéreau.

Sur le terminal Saint-Marc 2 de La Rochelle, construction du bâtiment de 10 000 m2 pour EVA.

Sur le terminal Saint-Marc 2 de La Rochelle, construction du bâtiment de 10 000 m2 pour EVA.

La Rochelle pérennise ses trafics

Sur le port de La Pallice, EVA Etablissement vraquier de l’Atlantique (filiale de Maritime Kuhn et Sica Atlantique) gère le terminal de l’Anse Saint-Marc dédié, entre autre, à l’importation de vrac agroalimentaires. « Pour la première fois, nous avons dépassé les 500 000 t d’activité globale en 2017 », se réjouit son directeur Francis Grimaud. Dans cet ensemble, le vrac agroalimentaire a progressé en 2017 passant de 188 685 t en 2016 à 241 036 t en 2017: +28 %. Les tourteaux de tournesol ont représenté 124 708 t, les tourteaux de soja 113 034 t et ceux de colza 3 295 t. « La croissance est portée par les tourteaux, autant soja que tournesol, détaille-t-il. Ces résultats sont encourageants. La Pallice s’inscrit dans la durabilité, les trafics s’y pérennisent, les gens commencent à prendre l’habitude de venir charger ici même si nos volumes demeurent faibles par rapport aux autres ports. Nous ne faisons pas de massification, c’est d’ailleurs notre point d’accroche commerciale, ce qui nous distingue des installations portuaires voisines : notre capacité à traiter les lots de moindre taille. » EVA enregistre toujours un flux d’exportation de tourteaux de soja et tournesol vers les Antilles et l’Afrique de l’Ouest pour 25 000 t/an. « Ce flux est rechargé par les portiques céréaliers de La Pallice ou par une sauterelle », précise Francis Grimaud.

Les quais de l’anse Saint-Marc sont toujours en travaux. « Les nouvelles installations ne seront pas réceptionnées avant la fin de l’année 2018, ce qui ne nous empêche pas de développer des volumes. » Il s’agit de la construction de nouveaux magasins de stockage pour EVA et du rapatriement in situ de bâtiments de stockage, à l’heure actuelle hors du périmètre du port. « Nous construirons 10 000 m3, ce qui augmentera de 50 000 t notre capacité soit une hausse de +30 %, décrit Francis Grimaud. Pour autant, nous n’avons jamais eu de problème de stockage car nous arrivons toujours à en louer sur la place portuaire pour satisfaire nos besoins, il est arrivé que nous stockions jusqu’à 75 000 t. Mais les prochaines installations nous apporteront plus de souplesse de fonctionnement et de sécurité et amélioreront nos cadences de déchargement. » Les nouveaux bâtiments seront construits ou déplacés sur le futur polder de l’anse Saint-Marc 2 dont EVA avait remporté la gestion par appel à projet en 2015. Les travaux ont commencé en fin d’année 2017 et concernent pour l’heure les phases sous-terraines. Sur ces 10 ha de terre-plein, 5 ha accueilleront du stockage : 5 nefs de stockage pour un total de 14 700 m2, qui seront livrés entre avril et mai, représentant un investissement de 8 millions d’euros. Les 5 ha restants seront dédiés au stockage de colis lourds, opérés également par EVA. En 2017, EVA a complété son outillage portuaire avec une nouvelle grue, portant leur nombre à trois, équipées de bennes avec des capacités de levage importante : 18 m2, 26 m2 et 30 m2.

Et déjà le port bruisse de l’idée d’un futur projet d’Anse Saint-Marc n°3 qui serait en cours de réflexion : il proposera 3 à 4 ha supplémentaires en bord à quai.

Nouveaux travaux d’extension pour Sète

Sur la façade méditerranéenne, le port de Sète affiche une croissance de +4 % et annonce avoir dépassé 4 millions de tonnes de volume global d’activité. Sur les trois dernières années, le port de Sète affiche une croissance globale de +22 %.  « Cette évolution est le résultat de la diversification de nos filières », analyse Arnaud Rieutord, le directeur commercial de Port de Sète-Sud de France. Elle est portée par les marchandises diverses, notamment le roulant (la ligne avec la Turquie a augmenté en capacité et en fréquence), beaucoup de colis lourds (pièces éoliennes), le terminal fruitier a été pris en charge par un nouvel opérateur et initié des importations de litchis avec succès cet hiver. L’agroalimentaire s’est également bien comporté avec des augmentations sensibles des volumes de soja. Au rang des points négatifs, Arnaud Rieutord signale la baisse conséquente de l’exportation de bétail qui subit la concurrence des ports espagnols notamment vers le marché turc. Ce trafic a chuté de -25 % malgré un investissement de 2,4 millions d’euros pour un nouveau parc à bétail qui sera livré ce printemps. Le site a été déplacé dans le cadre du réaménagement du pôle passager car Sète est (discrètement) le 1er port passager français vers le Maroc.

« Concernant le vrac agroalimentaire, poursuit le directeur commercial, les volumes augmentent. Ils sont constitués des flux de tourteaux de soja et tournesol pour Qualimat Sud-Est, en hausse de +10 %, et du trafic de graine pour Saipol en hausse de +16 % à 539 000 t. »

Cette hausse s’explique par le bon contexte dont nous avons bénéficié avec une bonne compétitivité par rapport aux ports du nord de l’Europe affectés par les basses eaux du Rhin mettant en difficultés les sites d’Ottmarsheim et Huningue. »

Concernant les flux destinés à la filière Qualimat Sud-Est (lire P. 23), Arnaud Rieutord souligne que l’augmentation significative des volumes est portée par la croissance du flux de tourteaux tournesol Hipro à +20 % en 2017. « Sète est bien placée pour l’origine Mer noire de ce produit qui s’est clairement imposé dans les formulations. Nous avons proposé ce produit en 2013 avec 32 000 t et en 2017 il représente 96 462 t. Ce marché s’est durablement installé. » Sète se réjouit d’avoir également atteint des records en termes de remontées fluviales vers Châlon avec 46 000 t en 2017. « À 25 000 t en 2015, le GIE Qualimat Sud-Est avait encouragé ses adhérents à massifier ces remontées afin de dépasser 30 000 t considérées comme le point critique pour le port de Châlon-sur-Saône. Sur ce trafic, notre outil by-pass a bien fonctionné et permet une fiabilité dans les chargements. » Pour autant, le trafic fluvial est en crise et le sud n’est pas épargné par le manque de péniche. « Nous nous devons d’optimiser les chargements pour ne pas immobiliser trop longtemps les péniches et faciliter les conditions de travail des mariniers. » Quand à l’aménagement du canal du Rhône à Sète, les travaux engagés depuis 2007 ne sont toujours pas achevé. « Mais le dossier a pris un nouveau départ avec l’arrivée à la présidence du Port de Sète-Sud de France de Jean-Claude Gayssot, ancien ministre des Transports. »

« Globalement, la logistique de Sète a été favorable cette année, conclut Arnaud Rieutort. Mais le port a sur la tête une épée de Damoclès depuis l’annonce par Saipol, d’abord de l’éventualité de la fermeture du site de trituration, puis de périodes d’arrêts techniques. » Il semble n’en être plus question aujourd’hui mais la menace d’une baisse des droits de douane sur le bioester argentin ou d’accord entre l’Union européenne et la zone Mercosur est toujours d’actualité. Elle ouvrirait la porte à des exportations argentines vers l’Europe et la France qui pourraient être préjudiciables pour certains secteurs économiques français et européens.

Mais pour l’heure Sète se réjouit de sa belle croissance et conforte le dynamisme de ses trafics : le port renforce sa capacité d’outillage avec l’arrivée en juin 2018 d’une nouvelle grue mobile pour un investissement d’un montant de 3 millions d’euros : « Elle sera polyvalente et complète un outil similaire Lieber de 120 t de capacité de levage. » Un nouveau projet d’extension du port vers l’est a été acté et les travaux démarreront en cette fin d’année 2018 : « Il s’agit de gagner sur la mer 18 ha de nouveaux terres-pleins, décrit Arnaud Rieutort. Ces espaces ne seront pas forcément dédiés au vrac agroalimentaire mais ils participent à la vitalité du port dont bénéficient tous les flux. C’est très positif pour la vie du site. »

Françoise Foucher

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