L’Azomite est une roche volcanique extraite du désert de l’Utah.

Argiles : « Développer des synergies »

Le 8 février, la première édition des Argi’Days, événement organisé par la société Argi Services, a rassemblé plus de trente personnes à La Couyère (Ille-et-Vilaine). Au programme : un voyage des Charentes aux États-Unis, à la découverte du kaolin et des terres rares.

Organisée par Argi Services, la première édition des Argi’Days s’est tenue le 8 février au domaine de la Raimonderie, à La Couyère, en Ille-et-Vilaine. Lors de cette journée technique, il fut notamment question des terres rares : un sujet abordé par Antoine Versabeau, directeur du développement d’Azomite Mineral Products, société américaine. Entretien.

Antoine Versabeau, directeur du développement d’Azomite Mineral Products : « Nous ancrer dans la science. »

Antoine Versabeau, directeur du développement d’Azomite Mineral Products : « Nous ancrer dans la science. »

La Revue de l’Alimentation animale : Pour commencer, pouvez-vous nous donner une définition des terres rares ?

Antoine Versabeau : Ce sont dix-sept éléments chimiques, principalement des lanthanides, présents dans le tableau périodique. On y trouve des terres rares légères et des terres rares lourdes. Celles-ci sont étudiées depuis la fin du XIXe siècle et elles sont utilisées dans l’industrie.

RAA : Les terres rares sont-elles si rares que cela ?

A. V. : Elles représentent 150 ppm de la croûte terrestre : c’est similaire au zinc ou au cuivre. Leur rareté vient de la difficulté de leur extraction. D’où des coûts importants.

RAA : Quelles sont les applications des terres rares en médecine et dans l’agriculture ?

A. V. : En médecine, il y a plusieurs applications possibles : reins, cancers, articulations, brûlures, etc. Les applications agricoles sont étudiées depuis une quarantaine d’années, surtout en Chine. À la clé, une amélioration de +5 à +15 % des rendements en blé. En nutrition animale, on observe également des effets positifs : taux de conversion alimentaire, gain moyen quotidien, etc.

RAA : Où trouve-t-on ces terres rares ?

A. V. : Elles sont réparties un peu partout sur la planète mais la Chine détient près de 50 % des ressources et elle représente près de 90 % de la production mondiale. Sachant que ces terres rares sont utilisées dans les industries de haute technologie, cela peut poser des problèmes géopolitiques puisque nous sommes très dépendants de l’Empire du Milieu.

RAA : En nutrition animale, quels sont précisément les points sur lesquels les terres rares exercent une influence ?

A. V. : Elles ont des effets sur le transport du calcium et du phosphore, le fonctionnement cellulaire, les enzymes, que ce soit les enzymes végétales ou celles présentes dans l’estomac des animaux, et les hormones. Il y a également des effets antimicrobiens, antibactériens et antioxydants.

RAA : Quelles sont les limites des terres rares ?

A. V. : L’effet dosage est important, au même titre que d’autres oligo-éléments tels que le zinc ou le manganèse. Un peu de produit a un effet stimulant et, quand on en met plus, des effets inhibants et délétères peuvent survenir.

RAA : Votre entreprise commercialise l’Azomite : qu’est-ce que c’est ?

A. V. : C’est une roche volcanique extraite du désert de l’Utah (États-Unis). Elle fait partie de la famille des aluminosilicates. Elle est unique par sa composition chimique et structurelle.

RAA : Vos réserves sont considérables !

A. V. : Le gisement a trente millions d’années mais, sous l’effet des plaques tectoniques, celui-ci est à ciel ouvert. Il est estimé à près de trente millions de tonnes : on est loin d’avoir épuisé nos ressources !

RAA : Quels sont vos principaux clients ?

A. V. : Aux États-Unis, nous travaillons avec des intégrateurs de volailles, l’agriculture biologique et les productions spécialisées (fruits et légumes). En Asie, nous avons des marchés en aquaculture (crevettes et poissons). Pour le reste du monde, cela dépend des zones.

L’Azomite est une roche volcanique extraite du désert de l’Utah.

L’Azomite est une roche volcanique extraite du désert de l’Utah.

RAA : Quelles sont précisément les applications de l’Azomite en nutrition animale ?

A. V. : C’est une matière première à hauteur de 2,5 à 5 kg par tonne d’aliment composé. Le produit peut également être utilisé comme support pour différents types d’additifs et notamment comme additif technologique.

RAA : Qu’est-ce qui fait l’efficacité de votre produit ?

A. V. : Nous ne faisons aucune allégation mais nous essayons de comprendre pourquoi nous faisons certains constats dans les études que nous réalisons. L’Azomite contient énormément d’éléments bénéfiques : calcium, magnésium, manganèse, phosphore, etc. Ceux-ci sont communément utilisés dans la formulation des aliments. Sans doute y a-t-il des effets liés à la présence de silice. Celle-ci est un élément très important dans la nutrition des plantes. On pense également que certains éléments ont une influence sur les activités enzymatiques ou hormonales. L’Azomite capte les mycotoxines, notamment l’aflatoxine : quelque chose de courant dans notre famille de produits. Nous cherchons également à comprendre comment l’Azomite peut influer sur la flore microbienne, que ce soit dans l’estomac ou le sol.

RAA : Cette année, quels seront vos principaux axes de recherche ?

A. V. : Nous nous focaliserons sur les poules pondeuses car nous observons des effets intéressants sur les cycles de pontes et les coquilles d’œufs. Nous travaillerons également sur le porc : les études que nous avons démarrées sont intéressantes et nous les poursuivrons. La flore microbienne ainsi que l’association d’Azomite dans les engrais organiques, biologiques et comme additif des composts, constituent un autre axe de travail : des synergies sont à développer.

RAA : Votre société veut se développer sur le marché français : comment comptez-vous vous y prendre ?

A. V. : Étant nouveaux, nous devons faire parler de nous. Pour cela, nous nous associons avec Argi Services. Cette société possède une expertise dans le traitement des argiles. Elle nous aidera à développer nos essais car nous avons besoin de nous ancrer dans la science. L’enjeu : démontrer que notre produit peut également fonctionner en France !

Propos recueillis par G. Hardy

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