AG Qualimat : « Travailler entre professionnels, se respecter et avancer ensemble »

Plateforme d’échange et d’expertise, Qualimat rassemble les acteurs de la filière de l’alimentation animale autour de la qualité nutritionnelle et la sécurité sanitaire de ses matières premières. Lors de sa dernière assemblée générale, l’association a fait le point sur ses quatre principaux domaines d’activité : le contrôle des matières premières, la surveillance des substances indésirables, le transport et l’amont.

Dominique Bricard le président de Qualimat l’a rappelé dans son rapport moral : « Nous sommes et resterons des professionnels de l’alimentation animale au service de la qualité nutritionnelle et de la sécurité sanitaire des matières premières pour la fabrication d’aliments. »

Marie-Anne Hannotiaux, directrice, et Dominique Bricard, président de Qualimat, ont animé l’assemblée générale.

La mission de Qualimat est de « contribuer à la sécurisation de la filière alimentation animale et à son équilibre économique en construisant et en entretenant des outils mutualisés de contrôle et de connaissances des matières premières ». Les moyens que l’association met en œuvre sont : « La mutualisation des expertises des entreprises, des outils et des informations, la surveillance et la qualification de matières premières la surveillance sanitaire. » Qualimat assure également une veille sur toutes les problématiques émergentes.

« Nos valeurs : le cœur de notre activité est bien la qualité des matières premières. Nous devons être précurseurs, réactifs, pragmatiques. Nous travaillons dans le cadre d’un partenariat collectif, nous assemblons nos expertises, nous mutualisons nos résultats, nous partageons nos outils. Nous sommes à l’écoute des attentes des filières. »

En 2018, Qualimat compte 52 adhérents dont 33 fabricants d’aliments représentant un peu plus de 11 millions de tonnes d’aliments composés, 7 firmes-services, 11 fournisseurs est une organisation professionnelle.

« Notre fonctionnement est une caractéristique de notre association, décrit Dominique Bricard. Notre conseil d’administration définit les orientations stratégiques par domaine d’activité. Un binôme formé d’un professionnel et un chargé de projet animent ensuite un comité de pilotage par domaine constitué des représentants des adhérents expert sur ce domaine. »

L’équipe de Qualimat a intégré cette année trois nouvelles personnes, Lauriane Tanter, Jennifer Dalibard et Laura Fanen. « Maintenant que nous avons réorganisé ainsi nos ressources humaines, nous avons une équipe compétente et impliquée dans la production de valeur pour les adhérents. Nous avons développé la polyvalence, maintenant nous devons retrouver une dynamique de fonctionnement et de production. »

Contrôle des matières premières

Lors de l’assemblée générale, la rétrospective des activités 2018 a été faite par les administrateurs. Franck Letournel est membre du comité de pilotage Contrôle des matières premières, « le domaine historique » de l’activité de Qualimat.

« Ce domaine a évolué ces dernières années mais demeure sur des fondamentaux : prélever et analyser les matières premières qui entrent dans les ports du Grand Ouest, fournir ces résultats d’analyses dans des délais courts grâce à l’anticipation des prises d’échantillon à l’arrivée des bateaux et à la réalisation en interne d’une bonne partie de ces analyses. »

Qualimat s’est donné pour objectif sur cette thématique d’être robuste, apporter de la valeur ajoutée à ses adhérents grâce à un délai d’analyse court avec une bonne traçabilité sur les résultats d’analyses.

« Ce qui a évolué c’est que cette contribution à l’information sur la qualité des matières premières repose désormais à la fois sur des analyses réalisées par Qualimat et sur la mutualisation, par la mise à disposition aux adhérents d’analyses réalisées par les fournisseurs. »

En 2018, 2,5 millions de tonnes de matières premières ont été contrôlées, soit 95 % du tonnage importé : peu de navires échappent aux contrôles, principalement pour des questions d’organisation du travail et de disponibilité du technicien au moment de l’arrivée des bateaux.

« Cela a concerné 132 navires en 151 interventions en zones portuaires. Cela a représenté 1 637 analyses réalisées, entre les infrarouges réalisés en interne, les analyses chimiques sous-traitées, quelques salmonelles en complément, 1 243 analyses salmonelles ont été transmises par les fournisseurs, mutualisées et mises à disposition », présente Franck Letournel.

En 2018, l’un des gros dossiers du comité Contrôle des matières premières a été le déploiement du portail qualité. « Il permet de mettre à disposition des adhérents les résultats d’analyses produites par Qualimat ainsi que les résultats mutualisés par les fournisseurs. »

En 2018, trois nouveaux importateurs ont signé la convention de mutualisation des résultats d’analyses salmonelles portant à six leur nombre dans le système. « Nous avons aussi mis en place des plans B pour les prélèvements, décrit-il. Pour cela, nous nous appuyons sur les importateurs qui acceptent de mandater les sociétés de surveillance qui réalisent leurs propres prélèvements afin d’en réaliser pour nous. » Un circuit inter-laboratoire a été conduit pour évaluer la variabilité des analyses entre les différents laboratoires, tant sur les analyses chimie que sur les analyses infra.

Le comité Contrôle des matières premières communique aux adhérents via la publication régulière du Qualiscope et des documents de synthèse. Au titre des projets pour 2019, il souhaite déployer le portail qualité auprès des fournisseurs pour faciliter la mise à disposition de leurs résultats d’analyse.

Substances indésirables

Florence Quéré a pris le relai sur les actions de surveillance des substances indésirables. « Ce domaine vient en complément des actions de contrôle de matières premières. Il y a trente ans, c’était surtout la surveillance des salmonelles puis il s’est élargi à d’autres substances indésirables. » Sa mission est d’assurer la surveillance des matières premières et coordonner la prise en charge des signaux préoccupants sur les substances indésirables. « Notre fonctionnement est validé pour transmettre des informations fiables vers les utilisateurs du protocole Qualimat Alerte. Ce protocole présente l’avantage de mettre très rapidement en relation les opérateurs de la filière concernés par une alerte en matière de sécurité sanitaire des aliments. Le dialogue entre ces opérateurs permet la mise en œuvre d’actions correctives et préventives partagées, qui réduiront le risque pour l’ensemble de la filière. À la fin de chaque alerte la consolidation des informations traitées est relayée par les opérateurs ce qui permet à chacun de se préparer au mieux à affronter de nouveaux signaux. »

Quand une alerte se déclenche, une cellule Qualimat est mobilisée. « Composée du préleveur, du fournisseur, des organismes stockeurs et des experts professionnels issus des structures adhérentes fabricants et firmes-services, elle doit être opérationnelle dans les deux heures qui suivent le signal : toutes les personnes doivent être disponibles autour du téléphone. »

Trente-deux dossiers d’alerte ont été ouverts depuis 2012, date de la mise en place du protocole, avec de fortes variabilités suivant les années : six en 2017, un seul en 2018. Ces alertes concernent principalement des signaux bactériologiques, les tourteaux sont les plus concernés, majoritairement le soja. Seules les salmonelles règlementées font l’objet de procédures d’alertes diffusées en temps réel. Les résultats d’analyses sur les salmonelles non règlementées sont compilés à la fin de chaque trimestre.

« En 2018, nous avons mis à jour nos documents notamment nos fiches pratiques contaminant, décrit Florence Quéré. Un gros travail a été mené sur les recommandations de prélèvements d’échantillons à réception qui a conduit à la rédaction de six modes opératoires selon la nature et le mode de conditionnement des matières premières. Nous avons aussi inauguré le principe des fiches expertises, suite à des alertes 2017 apparues sur des contaminants nouveaux. À l’issue de ces épisodes, nous avions collecté des informations dont nous voulions garder la trace et que nous avons donc synthétisées dans ces fiches. Elles contiennent des descriptions, un historique de l’alerte, des éléments règlementaires, etc. »

« Nos axes de travail pour 2019 sont de poursuivre nos actions, continuer à contribuer aux travaux de la profession avec toujours en tête la robustesse de notre dispositif : c’est ce qui fait sa force et lui apporte sa reconnaissance, en s’appuyant sur l’expertise des entreprises participant à ces démarches. Nous avons déjà eu une grosse alerte à gérer en début d’année 2019. »

Qualité du transport

Arnaud Charrier a fait le point sur Qualimat Transport. « Qualimat Transport est la référence nationale sur la qualité du transport des matières premières et des aliments composés. L’objectif de notre groupe est de faire respecter le cahier des charges et obtenir les reconnaissances mutuelles avec les autres systèmes existant en Europe. » Le référentiel existe depuis dix-huit ans mais se place dans un process d’amélioration continue : « Il a indéniablement permis une amélioration de la propreté des contenants et contribué à la sécurisation sanitaire de la filière. » 2 091 opérateurs de transports sont référencés aujourd’hui via 13 organismes certificateurs habilités. Cela représente 128 usines d’aliments engagées.

« Nous participons à l’ICRT, International committee road transport, qui permet la classification des matières premières afin de déterminer les protocoles de nettoyages adaptés, poursuit-il. En 2018, nous avons mis en place un groupe mixte entre le comité de suivi Qualimat transport et les organismes certificateurs afin de pouvoir traiter les questions techniques en associant les différentes expertises nécessaires. Nous avons aussi travaillé sur les points techniques sensibles comme la traçabilité des contenants d’occasion, la gestion de la traçabilité des transports des sous-produits animaux, et la procédure de réaffectation des citernes d’aliments composés. Nous avons renouvelé cette année l’accord de reconnaissance avec GMP+ international pour assoir notre rapprochement et notre programme commun. »

« Nous nous sommes penchés sur l’intégration d’exigence de biosécurité dans le cahier des charges mais pour l’heure nous n’avons pas abouti à un consensus scientifique sur les méthodes. Nous avons mis en place un groupe de travail avec Feedsim Avenir et les professionnels de l’importation et du stockage sur les pratiques de chargement en milieu portuaire. Pour 2019, nous allons aussi travailler sur notre dispositif de supervision des organismes certificateurs qui est un point d’amélioration identifié avec GMP+. »

Qualimat Amont

Patrice Gouranton a clos cette revue d’activité de Qualimat avec le volet Amont, dernier né de Qualimat. « Issu d’une volonté de construire un outil d’amélioration portant sur la qualité nutritionnelle et sanitaire des matières premières, Qualimat Amont a pour objectif de mutualiser les diagnostics clients. Les adhérents mettent à disposition de Qualimat des auditeurs issus de leurs services achats, qualité, formulation, usine, afin de constituer un pool d’auditeurs qualifiés après une formation par Bureau Veritas. Les diagnostics clients qu’ils réalisent sont ensuite mutualisés. Les fournisseurs ont aussi intérêt à réduire le nombre d’audits pour des questions d’optimisation du temps. Qualimat Amont a aussi pour enjeu d’identifier les points de maîtrise acquis chez les fournisseurs pour valoriser leurs bonnes pratiques et les sensibiliser sur nos besoins en tant que fabricants, sur la qualité et la sécurité sanitaire afin de mettre en place des actions d’améliorations communes. Nous voulons être un outil complémentaire des démarches qualités de notre secteur d’activité. Aujourd’hui, nous sommes reconnus comme une démarche de progrès aussi bien par les auditeurs que par les fournisseurs. Bureau Veritas fait partie de notre comité de pilotage et nous a aidés à la rédaction de la trame de diagnostic commune. »

Trente-sept diagnostics ont été réalisés depuis 2011 dans tous les métiers de l’environnement des fabricants d’aliment. Le groupe compte 36 auditeurs qualifiés au sein des différentes structures adhérentes, dont 6 qualifiés en 2018. En 2018, 11 diagnostics ont été menés sur 6 secteurs d’activité. La planification des diagnostics est établie en fonction des besoins remontés par les entreprises adhérentes.

« En 2019, nous allons poursuivre nos efforts pour impliquer des adhérents dans les obtentions d’accords d’audits, insiste Patrick Gouranton. C’est un besoin pour nous, pour améliorer nos procédures et renforcer la reconnaissance de Qualimat Amont. Nous allons également faire une révision documentaire du dispositif en intégrant l’expérience des diagnostics déjà réalisés en mettant à jour les informations règlementaires et approfondir les points de blocage. Nous avons pour projet d’organiser une rencontre avec les auditeurs pour maintenir leur mobilisation et les informer des travaux en cours, les points d’audits qui évoluent, etc. Nous voulons réaffirmer Qualimat Amont comme un outil contributeur de la maîtrise de nos approvisionnements et de la relation avec nos fournisseurs. Nous allons aussi faire évoluer notre plateforme informatique pour faciliter l’échange des informations et notre réactivité. »

À ce sujet, Marie-Anne Hannotiaux, directrice de Qualimat, rappelle que 2018 a vu en juin le lancement du nouveau site internet : « Nous avons porté un effort particulier sur les pages Qualimat Transport qui sont les plus consultées : Qualimat Transport est une information publique et tous les opérateurs s’y connectent. Le portail Qualité Qualimat a également abouti en octobre 2018 sur trois volets : résultats d’analyses mutualisés, gestion des alertes, mise à disposition des documents de Qualimat aux adhérents. Nous y travaillions depuis 2016 et il est prévu qu’il intègre en 2020 les volets Transports et Amont. »

Françoise Foucher

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.